Objectif 20% de bio dans les restos U

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Le bio dans les Restos Universitaires niçois ? C’est l’objectif du Crous Nice-Toulon. Le réseau des Centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires veut améliorer la nourriture des étudiants. Pour y parvenir, les directeurs se retrouvent ce mardi au RU de Nice Centre. Ils testent les produits et ouvrent la voie de l’agriculture biologique à la fac. Le bio représente moins de 1 % des aliments servis dans les restaurants universitaires (RU) de Nice. Pourtant, environ 2000 étudiants y mangent tous les jours. A l’heure où les Crous réfléchissent à l’amélioration de leur alimentation, le bio est un axe de transformation.

La mal-bouffe chez les jeunes est l’un des thèmes principaux de prévention au collège et au lycée. Elle n’est jamais évoquée à l’université. Christian Droguey, directeur du RU de Nice centre souhaite « redonner aux jeunes le goût de la cuisine française traditionnelle et de la diversité. »

Du bio sur les plateaux

Le campus Trotabas accueille ce mardi les directeurs des Crous du Grand Sud-Est. L’avenir culinaire de Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Clermont-Ferrand et Nice-Toulon se joue aujourd’hui. « Nous dégustons les produits qui seront servis demain dans les restaurants universitaires. Notre but ? 20% de bio d’ici quelques années » explique Philippe Prost, directeur du Crous de Montpellier.

A l’origine du développement du bio dans les restaurants universitaires, le rapport de Jean-Pierre Coffe et Jean-Robert Pitte. Ils conseillent au ministre de l’enseignement supérieur « l’utilisation de produits bio locaux». L’engagement est national, mais localement quelques initiatives émergent déjà. A Aix-en-Provence et Marseille, Pierre Richter, le directeur, propose des aliments bio un jour par semaine. « C’est le jeudi mais bientôt ce sera tous les jours. On avance produit par produit. Dernier en date : le pain. »

Le local, mieux que le bio

Le plan ne se concrétisera pas de sitôt. Le coût de l’agriculture biologique reste un problème pour les Crous. Tout comme les volumes de nourriture à fournir. « On ne veut pas augmenter le prix du ticket » déclare Jean-Raymond Barbieux. C’est bien l’essentiel pour les principaux intéressés. Coralie, 21 ans, étudiante en droit, indique que « le bio, ce n’est qu’une appellation. Qu’est-ce qui nous garantit que les produits sont de meilleure qualité ? L’essentiel n’est pas là. »

L’idéal serait l’approvisionnement par des agriculteurs locaux, même si leurs produits ne sont pas biologiques. Les spécificités régionales et les aliments de saison seraient mis en valeur. Catherine Miaux, directrice du Crous de Grenoble a une alternative. «  Proposer du bio, d’accord. Mais l’important, c’est avant tout de collaborer avec les locaux. »

Pauline Amiel et Fiona Ipert