Nouveau coup d’arrêt pour Donald Trump

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Donald Trump repart du Wisconsin avec une lourde défaite. La course à la Maison Blanche est de plus en plus incertaine. Photo NBC News.

Le favori à l’investiture républicaine s’est lourdement incliné cette nuit dans le Wisconsin. Le milliardaire s’éloigne un peu plus de la Maison Blanche.

Il avait prévenu: « s’attaquer à ma femme, c’est sa grosse plus grosse erreur depuis le début de la campagne ». Ted Cruz n’a pas tellement apprécié la sortie de son rival et avait promis de ne rien lâcher. Avec cette victoire, le sénateur du Texas va rafler la quasi-totalité des 42 délégués en jeu dans le Wisconsin, état du Mid-West américain.

Ce nouveau résultat vient un peu plus mettre le bazar au sein des Républicains. A ce jour, aucun des trois candidats ne paraît en mesure de réunir le nombre de délégués suffisant (1237) leur permettant de se qualifier directement pour la présidentielle. Les membres du parti devront alors se prononcer lors de la convention de Cleveland le 18 juillet prochain afin de propulser le candidat de leur choix vers l’investiture. Donald Trump, de plus en plus contesté, pourrait ainsi être refoulé par sa propre famille politique malgré sa nette avance (736 délégués) face à Cruz (463).

Les divisions républicaines:

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A ce stade de la campagne, il est rare de voir une telle guerre de tranchée au sein du parti de droite. Lors des précédentes élections, le vainqueur était déjà désigné, ou du moins, il en était très proche. George W. Bush et John McCain (2000-2004-2008) n’avaient déjà plus de rival à la date du 5 avril. En 2012, Mitt Romney ne comptait plus qu’un seul adversaire qui abandonna cinq jours plus tard.

Trump irrite et divise

Les frasques du candidat républicain commencent à avoir un impact sur les votes. Début mars, dans les colonnes du Wall Street Journal, Donald Trump se lâche: «il faut autoriser la torture des terroristes et l’assassinat de leurs familles.» Avant de se rétracter: «j’utiliserai tout mon pouvoir légal pour arrêter ces ennemis et je ne demanderai pas à notre armée ou à d’autres responsables de violer la loi». 

Le 30 mars dernier, en direct sur la chaîne MSNBC, autre débordement: «les femmes qui avortent doivent être punies, mais je ne sais pas quelle sanction précise». Alors qu’en 1999, il affirmait vouloir défendre ce même droit s’il devenait un jour Président (NBC News). Encore une fois, il fera machine arrière quelques heures plus en publiant un communiqué, mais trop tard, le mal est fait.

Une position floue, qui met en lumière la stratégie de Trump. Le Wisconsin étant un état très conservateur, le milliardaire avait certainement en tête de grappiller quelques points de sondage sur Ted Cruz.

Tous ces propos mettent mal à l’aise les membres de son parti, et attisent moqueries et attaques de la part de ses adversaires. Un comportement dont les Républicains n’avaient nullement besoin. Le parti, d’ores et déjà divisé sur de nombreux sujets majeurs, souffre de toutes ces sorties de route. En atteste cette dernière polémique, preuve d’un manque de leader incontestable et incontesté.

Vous pensez tout savoir de Donald Trump ?

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Sources: LeMonde.fr, NBC, USA Today.

Tommy Brandon / Nathan Cecina