Nice-Matin : un mini canard pour résister

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Le 1er novembre dernier, les salariés de Nice-Matin se sont allongés par terre devant le siège. 183 morts virtuels correspondant aux 183 emplois menacés. Crédit Photo : Nice-Matin Résistance

 Nice-Matin Résistance, association de salariés, cherche à faire pression sur son actionnaire majoritaire Philippe Hersant. Tous les moyens sont bons pour médiatiser l’affaire. Une équipe de journalistes a donc décidé d’élaborer un journal « résistant » distribué gratuitement dans la région pour se faire entendre.

1/3 de l’effectif de Nice-Matin et Var-Matin pourrait bientôt être licencié suite à la situation financière difficile qui touche le groupe. Leur réaction ? Une grève de deux jours. Deux jours de colère. Mais ça ne s’arrête pas là. Suite à une concertation syndicale entre le SNJ (Syndicat National des Journalistes) et la CGT, ils décident de monter un journal de quatre pages. Un mini-canard conçu et réalisé par une petite équipe de journalistes qui dénonce haut et fort l’injustice de la situation. Jean-François Roubaud, délégué syndical définit Nice Matin Résistance comme « une œuvre collective décidée par la plupart des salariés, (…) un moyen parmi tant d’autres de sauver le journal ». Facebook, Twitter, Tumbler… Nice Matin Résistance est partout en attendant le résultat des négociations fin décembre.

Et après alors ? Ils vont continuer à se battre. « Chose qui n’a pas l’air d’être la priorité de l’actionnaire » confie un salarié anonyme. Pour rester dans la légalité, ils ont dû créer leur propre journal munis de leurs ordinateurs personnels. Un projet –à risque- qui prend du temps car conjointement « le travail au siège continue » pour les journalistes. En seulement quatre petites pages – avec  de grandes prises de positions- l’association Nice Matin Résistance s’engage dans un vrai combat. « C’est aussi dans le but de faire réagir. Plus que l’aspect humain, c’est aussi l’identité du journal qui est en danger. Vos petites histoires locales en dépendent », confie l’un des rédacteurs de Nice-Matin Résistance. Une façon pour eux de se défendre et de justifier leur colère. Les salariés étaient dans l’interdiction de se servir du matériel de Nice-Matin pour dénoncer la politique de son actionnaire. Coup de chance, ils ont trouvé un imprimeur qui a offert son aide bénévolement. Grace à lui, près de 70 000 exemplaires ont été distribués gratuitement.

SOS Nice-Matin

Souvenez-vous. C’était il y a trois ans. Même histoire. Même combat. Les salariés protestaient déjà contre le projet de revendre le siège de Nice-Matin. Ils avaient  alors utilisé des rotatives du groupe pour imprimer et diffuser 200 000 exemplaires d’une brochure nommée « SOS Nice-Matin ». Certains ont monté les marches de Cannes en robe de soirée papier journal, organisé un show au thêatre de Verdure, pendant que d’autres se mettaient à nu pour dénoncer un actionnaire qui les mettait à poil. Un combat, à l’époque, qu’ils avaient gagné.

Aurélien Tardieu et Mathilde Jager