Ne jetez plus vos baskets usées : ces deux jeunes leur donnent une nouvelle vie !

0
957
Dimitri Baril à gauche, finit de restaurer une Stan Smith qu'une cliente doit venir récupérer avant la fermeture et Yohan Porquet en premier plan, peint minutieusement une basket New Balance

Amoureux inconditionnels des baskets, à 24 ans ces jeunes niçois se sont lancés le pari d’ouvrir la première boutique sur la Côte-d’Azur de restauration-customisation de chaussures. Après quelques semaines d’ouverture le succès est au rendez vous. Rencontre avec deux jeunes qui font la paire

« Pas plus ambitieux que la raison ». C’était un peu leur profession de foi avant l’ouverture de leur boutique. Mais ça, c’était avant. Avant les premiers clients, les premières chaussures, les premiers satisfaits, aussi.

Aujourd’hui l’étagère où ils stockent les paires à nettoyer ne désemplit plus. C’est rue Gioffredo en plein centre ville que les jeunes entrepreneurs ont choisi d’ouvrir Old New Shoes, véritable temple de la chaussure. Dimitri et Yohan n’ont qu’une mission: restaurer vos chaussures et vous les restituer en état quasi neuf. Un concept novateur à Nice. Mais le plus surprenant, c’est que rien ne les avait destiné à exercer ce métier. Mais la pression du travail, des études, la routine niçoise et la frustration de travailler pour autrui, puis un voyage à Miami, des bons conseils, et les voila, en Septembre dernier avec les clefs d’un magasin. De leur magasin. «C’était le seul moyen de faire quelque chose qui nous plaise et en plus d’être novateur, sans avoir un patron au dessus de nous » analyse Dimitri, les cheveux tiré en queue de cheval. Vivre de sa passion pour ne pas avoir a travailler un jour de plus.

Amis depuis 15 ans, nés la même année dans le même hôpital, les deux acolytes inséparables, frères de vies, ont tout ou presque traversé ensemble. Mais c’est leur passion des baskets qui est finalement venue sceller leur avenir professionnel: à eux deux ils possèdent pas moins de 130 paires de baskets ! Une addiction qui les a toujours poussé à bien les entretenir. « Mais entre nettoyer ses chaussures chez soi et répondre à une demande de nettoyage professionnel, il y a un monde » sourit Yohan, ce colosse d’1 m 93. Diplômé d’un Bac+5 en ingénierie BTP en juillet dernier, le jeune homme, chaleureux et souriant à souhait, parle de sa NewBalance qu’il nettoie, comme un scientifique de sa nouvelle thèse. Et quand on lui demande pourquoi faire des études aussi complexes pour finalement travailler dans les chaussures, les deux meilleurs amis commencent à s’esclaffer : « bon c’est un peu bête mais quand la série Prison Break (voir ndlr) est sortie, j’étais au collège et je me suis dit non c’est pas possible il est tellement intelligent je veux être comme lui ». L’apprenti Scofield de l’époque se lance le défi de dépasser le maître. Puis finalement une reconversion. Qui n’a rien a envier à ses années d’ingénierie. La clé du succès ? Des produits américains révolutionnaires, dont la composition restera secrète. C’est un voyage à Miami en 2016 qui leur a fait un électrochoc. « Là-bas les baskets font partie de leur culture. Elles ne sont pas simplement utilitaire, c’est un peu comme une religion, et ça définie ta classe sociale, voir qui tu es. En fait on s’est dit « mais pourquoi personne n’a jamais pensé à ouvrir un concept comme ça en France » explique Yohan. Montre moi ta chaussure et je te dirai comment la nettoyer.

Serveur de profession, Dimitri à lui aussi mit de côté son domaine de prédilection. Lui qui a tant donné à ce métier, si éreintant, mais à la fois accélérateur de lien social, booster physique et mental. « Ca m’a permis d’apprendre la rigueur et surtout faire face a des responsabilités » souligne le jeune patron, avec une pointe de nostalgie. Il a troqué son plateau et ses assiettes contre un poste de directeur général. Une transition plus que réussite. Un parcours de vie, qui a permis a ce duo de faire sortir de terre leur projet. Finalement c’était eux ou quelqu’un d’autre. Et le pari semble gagné pour les deux jeunes entrepreneurs. Yohan, sans une once de prétention, se réjouit : « On a de quoi faire tous les jours, c’est bien plus que ce qu’on avait pu imaginer ».

Quand on rentre dans la boutique a la décoration épurée, on est tout de suite happé par ce style vintage, subtile alliance du classique marié au moderne. Un tableau triptyque qui représente une Jordans édition limitée appuie ce côté avant-gardiste, décontracté voir cosy. En vitrine on retrouve une exposition de air force one customisées et une paire de Nike classique avant/après nettoyage. Une devanture qui attise la curiosité des passants, de tout âge, et de tout horizon. Il y a aussi cette estrade et un gros fauteuil matelassé. Pourtant ils ne vendent pas de chaussures… « non c’est pour les nettoyages minute, pour les plus pressés, on leur cire les pompes » rigole Dimitri. En parallèle du concept de restauration, ils proposent aussi de customiser vos sneakers d’antan et autres paires qui voudraient une deuxième vie. Un service qui va faire naître plusieurs partenariats avec des artistes, mais chut, c’est aussi un secret.

Clara Galtier

Et combien ça coûte ? 

Compter 12 euros pour un nettoyage classique

16 euros pour un nettoyage approfondi

22  euros pour le nettoyage premium (matière les plus récalcitrantes)

Ndlr: la série tourne autour d’un ingénieur surdoué, Michael Scofield, qui se fait tatouer les plans de la prison où son frère est détenu, dans le but de le faire évader avant sa condamnation à mort