Ne dites pas à Nicolas Beytout qu’il lance un «Mediapart de droite» !

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Depuis plusieurs semaines, on sait que l’ancien directeur de la rédaction des Echos lancera son propre média. Livraison ? A la rentrée 2013, au plus tard. Nouveauté : la partie numérique du journal fonctionnera sur le système dit du « paywall ». La profession veut y voir un « Mediapart de droite ». Lui explique vouloir lancer un « vrai site d’information » !

Les Echos, le Figaro, TF1, RTL, Europe1… Nicolas Beytout est un familier des grandes rédactions parisiennes. Alors, quand il fait le pari de se lancer dans la création de son propre journal, il veut éviter de tomber dans les mêmes travers que les autres, en innovant.

Son journal, il l’a donc voulu à la fois sur papier et sur internet. Un choix judicieux que plus personne n’ose contester et qu’il motive en des termes un peu réducteurs : « Internet c’est l’audience, le papier l’influence ».

Pour ce faire et en dépit des difficultés que traverse le secteur, Nicolas Beytout met les petits plats dans les grands. La rédaction sera composée d’une trentaine de journalistes dirigés par Rémi Godeau – actuel rédacteur en chef de l’Est Républicain – qui auront pour mission d’alimenter à la fois le site internet et le quotidien papier.

Concernant les détails de l’organisation interne et les moyens pour parvenir à réaliser son projet, le futur patron reste mystérieux, évasif… Une seule certitude : le web fonctionnera sur un système « paywall ». Ce modèle déjà répandu aux Etats-Unis, dont l’exemple le plus éloquent est le New York Times, restreint l’accès gratuit à un nombre défini d’articles. Récemment, la direction de son ancien employeur (Les Echos, ndlr) a également opté pour cette formule, sans que l’on sache pour l’instant si elle s’avère rentable…

Concrètement, le système voulu par Nicolas Beytout sera bâtit sur une séparation franche entre« l’information gratuite et payante ». Les quelques contenus gratuits seront limités en nombre tandis que le reste, beaucoup plus spécialisé, sera payant. Valeur ajoutée oblige…

Qu’en est-il de la ligne éditoriale de ce futur média au titre encore inconnu ? La plupart des médias ont évoqué un « Mediapart de droite », eu égard à la sensibilité plutôt libérale du journaliste. Sur la question, il botte en touche. « On a vocation à créer un vrai site d’information, spécialisé dans l’économie, l’international, la politique et l’investigation ». Vrai site d’info ? Edwy Plenel appréciera.

Et même si le patron de LVMH, Bernard Arnault, figure parmi la liste des investisseurs, Nicolas Beytout assure qu’il n’y aura rien à craindre question indépendance et liberté de ton…

Romain Massa