Natation – Camille Muffat : « Je n’ai pas intérêt à quitter Nice pour le moment »

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Camille Muffat au Cannet - Crédit Photo : Dimitri Gressard

Il est 11h, ce jeudi, Camille Muffat, on ne peut plus ponctuelle, arrive chez  le concessionnaire Peugeot du Cannet, son nouveau sponsor pour les trois prochaines années. Sur le parking, la nouvelle 208 l’attend sagement sous une bâche. Avant de pouvoir en profiter pleinement, la Niçoise a repris un entraînement intensif, avec un objectif en tête : les championnats d’Europe en grand bassin, qui se dérouleront à Berlin. Rencontre

Camille Muffat au Cannet – Crédit Photo : Dimitri Gressard

Camille Muffat, durant l’année 2013, vous avez pris du recul sur la compétition. Vous sentiez que c’était une nécessité ?

C’est courant que les nageurs lèvent le pied durant l’année post-olympique. Si on veut durer au haut niveau, c’est important de faire des pauses comme celle ci. Quand mon entraineur, Fabrice Pellerin, me l’a proposé, je savais que c’était bon pour moi.

Cet hiver, quand les compétitions en petit bassin ont commencé, je n’ai pas voulu faire l’impasse même si je n’avais pas d’intérêt particulier à y aller. Lors du championnat d’Europe, au Danemark, je savais que j’étais l’une des compétitrices qui s’était le moins entraînée cette année. Au final, j’ai réalisé des chronos qui n’étaient pas si mauvais par rapport à la préparation que j’avais.

Désormais vous êtes tournée vers 2014. Vous avez repris l’entraînement plus sérieusement. Quelle sera votre prochaine échéance ?

Depuis le 2 janvier, j’ai repris un entraînement complet. Je nage deux fois par jour en bassin et j’ai des séances de musculation. Comme je m’aligne sur le 200 m et le 400 m nage libre, je fais beaucoup plus de travail foncier par rapport à l’année dernière.

L’objectif maintenant c’est les championnats d’Europe en grand bassin, qui auront lieu à Berlin, à la fin du mois d’août. Cette fois ci, je vais y aller avec plus d’ambition.

À l’image de Yannick Agnel, qui a quitté Nice pour Baltimore (USA) ou de Camille Lacourt, qui s’entraîne désormais en Australie, vous avez songé à quitter la France pour vous préparer autrement ?

Quand on est athlète de haut niveau, on est toujours tenté par ce genre d’aventure. Comme eux, je me suis posé la question, c’est vrai. Même si en France, on a de très bons résultats, ce n’est peut être pas l’endroit idéal pour s’entraîner. Quand on voit les structures professionnelles qu’il y a en Australie ou aux Etats-Unis, c’est vrai que c’est tentant.

Finalement j’ai choisi de rester à Nice. La ville de Nice et l’ONN (Olympic Nice Natation) font beaucoup pour la natation en France. En fin d’année, nous avons inauguré un tout nouveau bassin olympique. Il y en a peu d’aussi bien en France. Cela a amené beaucoup de jeunes qui en profitent pour s’essayer à la natation. Quand nous avons commencé avec Yannick Agnel, c’était un petit club et finalement nous avons progressé en même temps. Nous avons été les précurseurs du haut niveau à Nice et maintenant l’ONN est devenu grand. Pour le moment je n’ai pas intérêt à partir d’ici.

À terme, avec l’engouement des résultats et ces structures qui apparaissent,  vous pensez que la France peut devenir un « eldorado » pour les nageurs internationaux, au même titre que l’Australie ou les Etats-Unis ? 

Ce n’est pas encore tout a fait le cas mais quelques nageurs commencent à arriver. À Nice, il y a des Hongrois, des Roumains et récemment un Ukrainien qui est arrivé. Ils ont tous participé aux derniers JO de Londres. Ils sont attirés principalement par l’entraineur Fabrice Pellerin. C’est vrai qu’en France il y a beaucoup de bons entraineurs, ils essayent de faire bouger les choses. Je pense que dans les années qui viennent la France sera vraiment un pays de natation capable d’attirer des nageurs de renom.

 Dimitri Gressard