Moto – Johann Zarco, l’espoir tricolore

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Après une première saison réussie en Moto2, le Français est désormais un outsider de poids dans sa catégorie. Mais Johann Zarco doit encore confirmer.

Vice-champion du monde en 125cc en 2011 derrière l’Espagnol Nicolas Terol, le Cannois Johann Zarco est un pilote au potentiel énorme. Pour sa première en Moto2 l’an passé, le Français a obtenu une belle 10e place au général. Il aurait même pu finir plus haut s’il n’avait pas failli à certains rendez-vous. Comme au Grand Prix de France où la victoire lui tendait les bras jusqu’à ce qu’il chute à quelques tours de la fin. Pour Grégory Hellinx, créateur du site internet spécialisé GP-Inside : « c’était bien pour une première saison mais il a parfois eu du mal à confirmer en piste. La route est encore longue. » Zarco a tout de même obtenu le titre de Rookie of the Year 2012 (meilleur jeune) devant Nicolas Terol. Une belle revanche. Les regards sont désormais tournés vers lui.

Cette année, Zarco a hérité de la moto de Marc Marquez (Suter), champion du monde 2012. « C’est une équipe qui a déjà une réputation. Mais je ne pense pas que la Suter soit facile à manier. Elle est très sensible. Il faudra se montrer patient et lui laisser le temps de maîtriser la moto », précise Grégory Hellinx avant d’ajouter : « il s’est fixé le top 4 comme objectif au début de la saison. C’est une pression inutile qu’il s’est ajouté. Il faut qu’il procède par étapes. » Johann Zarco n’a fini que 12edu Grand Prix du Qatar le week-end dernier, preuve qu’il y a encore du travail. Les techniciens de l’équipe sont entièrement à sa disposition puisqu’il est le seul à concourir pour son équipe (Came Iodaracing Project).

Johann Zarco et sa nouvelle équipe CAME Iodaracing Project. (motogp.com)

Un avenir en GP

Le chemin est donc encore long pour voir débarquer le Français en MotoGP. Vincent, 25 ans et fan de moto, définit Zarco comme un pilote « très entreprenant et agressif. Il cherche tout de suite à viser haut et se rapprocher de Marquez. C’est de bon augure. » Selon lui, on le verra sans doute bientôt monter d’un cran : « je le vois faire un bon top 5 régulièrement comme Iannone l’an passé. S’il continue il sera en GP. Mais attention : ce n’est ni un Espagnol, ni un Italien. L’école française est différente. A lui maintenant de montrer ce qu’il vaut. »

Le constat est le même pour Gregory Hellinx. Si Zarco confirme en Moto2, le journaliste belge lui prédit un avenir dans la catégorie reine. Mais il reste méfiant. Car en GP, la donne n’est pas la même : « dans son championnat, les motos sont plus ou moins les mêmes. Mais en GP, le pilote est encore plus tributaire de son matériel. S’il peut débarquer dans une écurie comme Tech3 (Yamaha) directement, ce serait idéal. Mais s’il tombe sur une CRT*  de niveau moyen, il peut vite se faire oublier. »

A seulement 21 ans, Johann Zarco a largement le temps de s’affirmer. En attendant, le Cannois apprend à maîtriser sa moto qu’il alignera au Grand Prix des Amériques (USA) le 21 avril prochain.

*CRT = Moto avec un châssis prototype mais un moteur de série. Elles sont donc beaucoup plus lentes que les motos prototypes qui se disputent la première moitié de championnat.

Mathieu LAURENT