Mormeck frappe toujours

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Jean-Marc Mormeck a remporté aux points le titre NABA (titre WBA nord-américain) face à Timur Ibragimov jeudi soir à la Halle Carpentier à Paris. L’aventure se poursuit pour le Guadeloupéen en quête d’une ceinture mondiale chez les lourds.Le public scande son nom avant même son entrée sur le ring. Et il ne sera pas déçu. Pour son troisième combat chez les poids lourds, Jean-Marc Mormeck s’est défait aux points de l’Ouzbek Timur Ibragimov (116-112, 113-115, 116-114).

Une victoire convaincante par rapport à ses précédentes sorties chez les lourds. Jeudi soir, il a enchainé les bonnes séquences, assénant son adversaire de crochets et d’uppercuts des deux mains. Toujours sur l’avant et efficace au corps à corps, il n’a jamais été mis en difficulté par la boxe de l’expérimenté Ouzbek. Et ce, malgré leur différence de gabarit (22 centimètres d’écart). Sans conteste, le Francilien a livré sa meilleure copie depuis son changement de catégorie.

Mais le gamin de Bobigny ne s’en satisfait pas pour autant : « C’est une bonne chose d’avoir gagné mais la manière n’y était pas. Donc il va falloir travailler. »

Le Guadeloupéen est exigeant. Il ne perd pas de vue son objectif : disputer un championnat du monde dans la catégorie reine. Mais pas seulement : « Je ne veux pas participer, je veux gagner. »

Un boxeur à part

Car l’ancien double champion du monde des lourds-légers a l’expérience des grands rendez-vous : huit championnats du monde, six victoires. Ses ambitions sont grandes, à l’image de sa carrière.

Et le public ne s’y est pas trompé. Les spectateurs sont venus en nombre : près de 5000 personnes. Jean-Marc Mormeck est le seul boxeur français à pouvoir mobiliser les foules à ce point. Et pour cause. Dans le patrimoine pugilistique français, rares sont ceux à avoir fait l’unanimité.

L’ancien protégé du sulfureux Don King a reçu la ceinture Ring – décernée par le magazine du même nom – en 2005. Une récompense distinguant un champion unique dans une catégorie de poids. Fait rare pour un Français. Le dernier en date : Alphonse Halimi en 1957.

Mais cette époque est révolue. Le natif de Pointe-à-Pitre est en phase d’apprentissage et de perfectionnement. Car il en faudra bien plus pour être en mesure de conquérir le plus beau des titres.

La route est encore longue

Pour cela, Jean-Marc Mormeck compte changer d’entraineur – avec dans le viseur Freddie Roach, le coach de Manny Pacquiao, seul boxeur champion du monde dans huit catégories différentes.

Un changement de partenaires aussi. Des collègues d’entrainement plus accrocheurs et vicieux s’imposent : « J’ai besoin de sparrings avec plus de métier, qui me déstabilisent plus » constate l’intéressé.

Pour répondre à ces impératifs, Jean-Marc Mormeck compte s’exiler aux Etats-Unis. La dernière étape avant de défier David Haye, champion du monde WBA. Le dernier homme à avoir battu le Français en 2007, à l’époque chez les lourds-légers et par KO. Jean-Marc Mormeck tient sa revanche à portée de gant. Il est devenu hier soir son challenger « officiel-officieux » (voir encadré).

« Haye n’a plus le choix. Ce soir, c’est un signal que je lui ai envoyé. Je veux une revanche et je ne lâcherai pas. ». Tout est dit. A bon entendeur. Boxez !

Alexandre Ferret