Chanson – Medi, enfant du rock et du pays

0
110

Le chanteur niçois Medi se produit les 10 et 11 décembre au B-Spot, avenue Maréchal Foch à Nice. Quelques heures avant de monter sur scène, il accepte de se confier et de partager son univers musical.

Clope. Deux gorgées pour un café. Medi, chanteur niçois, est un artiste rock and roll. Il surfe sur le riff de sa ville natale, berceau de toutes les cultures. Il ne prend pas le temps de penser à sa vie, il préfère la vivre et s’en inspirer pour composer. Pour lui, la musique a toujours été facile : improvisé batteur à 4 ans, il rentre dans le monde à son rythme. Il suit Charlie Winston à la baguette dans ses tournées. Elève assidu et travailleur acharné entre les murs balisés d’un conservatoire, il s’est lui même instauré ses propres règles. A quelques heures de son premier concert gratuit au B-Spot, avenue Maréchal Foch, Mehdi Parisot prend encore le temps de ne pas le prendre. « Les deux lives, organisés à quelques mois du début de sa prochaine tournée, sont un premier rendez vous avec le public ». Organisé avec le soutien de la fondation Lenval, les deux concerts gratuits permettront de distribuer des cadeaux de noël aux enfants.

Medi pousse la chansonnette dans la région depuis longtemps. Récemment, il était la star du concert d’ouverture du Hard Rock Café. Dans ses cheveux aussi longs et fins que ses cordes de guitare, on découvre les boucles de l’expérience. Londres, Paris, dès l’âge de 17 ans, l’ado est sorti du cocon pour plonger dans l’inconnu. « Il y a une part de hasard dans ce métier, c’est ce qui le rend si attirant », avoue t’il en passant la main dans sa barbe encore jeune. Bien dans ses baskets aux lacets défaits, Medi mesure la chance qu’il a de continuer : « On n’a pas le droit de dire qu’on est galérien, c’est dur oui, mais ça l’est pour tout le monde ». Instant de vie volé parmi tant d’autres, il se rappelle. Comment il est devenu numéro 1 des ventes au Japon. Comment il s’est invité dans le public au début d’un concert, avant de se faire tirer les cheveux jusqu’à en avoir mal « Là bas, des cheveux aussi longs, c’est une chose rare », confie-t’il en riant. Au sommet de ses influences, traduites par ses clips, on retrouve la Motown, Led Zeppellin, il en a hérité le groove et un certain bagout naturel. Mais s’il est l’enfant d’une ville qu’il aime, il n’est pas celui d’une époque : « J’ai récemment découvert l’électro, je ne me limite pas à un seul genre. J’ai toujours détesté les limites ». De retour à Nice avant la sortie de son nouvel album en Mars prochain, il avoue sans détour : « Nice, c’est un bouillon de culture. Faire de cette ville le Los Angeles français, ce serait formidable ».

Dans sa liste de projets écrits à l’encre qui tâche, ses désirs de produire des nouveaux talents se retrouvent. Enfant de 78, il a pourtant aidé à découvrir David Zincke, qui fera sa première partie ce soir. S’étendre encore, voilà le cap qu’il s’est fixé dans l’océan de la culture musicale. En attendant, dès la nuit tombée, il tentera de briller sous une autre lumière, celle des spots de la scène niçoise.

Alexandra Chauvin et Romain Béteille