Marché de Noël : « Il y a l’odeur, la vue, le goût, alors on y met le prix »

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A Nice, le marché de Noël a débuté le week-end dernier. L’occasion pour les habitants et les touristes de se faire plaisir en dégustant des friandises artisanales fabriquées, pour certaines, du terroir local.

La confiserie Ballanger, fidèle au poste. L’enseigne est une habituée parmi les autres stands. Barbe à papa, arachides caramélisés, crêpes… Les premiers clients matinaux prennent leur petit-déjeuner tout sourire, mais « sans savoir avec quels produits elle est fabriquée » avoue Catherine, son regard attiré par son imposante pomme d’amour.

Pourtant, dans certains chalets où les vendeurs ont pris place, concilier qualité et plaisir est possible. Corine Lagnaux a les mains prises : deux pains d’épices aux noix et au chocolat, aussi longs que ses bras. Vêtue de son tablier, elle sort tout juste les gâteaux du four. Faits à la vue de tous, selon la recette d’Alsace. Christiane, la quarantaine, originaire de cette région, stoppe sa marche. Pour mieux s’ennivrer des arômes. « Ca rappelle celui de mon enfance. Le pain d’épices, c’est festif, surtout dans ce contexte (voir encadré) » déclare-t-elle. Son mari Laurent, « gourmand » de nature, craque en goûtant une spécialité aux noix. « Il y a l’odeur, la vue, le goût. Alors, j’y mets le prix. Sans problème » assure Christiane entre deux bouchées. 2.90€ les 100 grammes contre 1.5€ en moyenne pour trois plus en grande surface. Qu’importe, le stand ne désemplit pas : des Chinois emportent un gâteau aux oranges confites, de forme classique ; d’autres en saisissent un, moulé comme une étoile. La recette du succès, selon Corine Lagnaux : « Du fait maison, du pur alsacien ».

Les odeurs de sucre et de pain grillé bercent complètement le marché. Celle de la gaufre dorée également, avec Pierre Detroy. Ils sont nombreux à hésiter, et tous autant à céder à la tentation. Forcément, des gaufres toutes chaudes, faites selon la tradition belge et enrobées du sirop local de Liège, ça ne pardonne pas. Une évidence, selon eux, pour délaisser le stand Ballanger. Le patron de la marque, Les gaufres beluges une fois, les fait en toute transparence. Aucun additif, ni produit chimique. « Un gage de qualité » explique Pierre Detroy. Et de succès : « les 400€ par jour visés pour une bonne journée seront atteints ». 

Déplacé et sous bonne garde

Le marché de Noël n’est pas installé sur la place Masséna comme à l’accoutumée, mais le long des jardins Albert 1er. Une décision de Christian Estrosi, conséquence des attentats de Paris.

Un important dispositif de sécurité est mis en place. Entrée, sortie, retour des toilettes : les passants sont tous fouillés, sacs ouverts. Une vingtaine d’agents (privés, des polices nationale et municipale) patrouillent.

Damien Lejade