Football – Liverpool : la REDemption est en marche

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Fort de son meilleur début de saison en championnat depuis 2005, Liverpool se pose cette année comme un prétendant sérieux au Big Four. Longtemps exclus des équipes de tête, les Reds sont actuellement deuxièmes de Premier League après 16 journées. Ce renouveau est le fruit de plusieurs choix forts dont Brendan Rodgers et Luis Suarez en sont les premiers acteurs. Explications.

Liverpool terre de contrastes. Été 2012, Brendan Rodgers, tout juste arrivé sur le banc des Reds, est à la tête d’une équipe en perdition. 11 points pris en 10 journées, Liverpool est au plus bas, pire départ de l’histoire du club. Un an plus tard, le club réalise un début de saison canon, l’un de ses meilleurs en championnat. Deuxième de Premier League, deux points derrière l’autre revenant, Arsenal, Steven Gerrard et les siens comptabilisent 33 points surfant sur une moyenne de plus de deux points par match. « Le travail effectué par Brendan Rodgers depuis des mois est en train de payer » confie Olivier Spaeth, community manager de Liverpool en France.

Pourtant quand il débarque sur les bords de la Mersey, Brendan Rodgers arrive sur la pointe des pieds. Un palmarès vierge, aucun grand club entraîné et une expérience du haut niveau limité. Mais l’entraîneur nord-irlandais arrive de Swansea avec ses convictions et sa propre vision du football. A sa tête, le club gallois détenait la meilleur possession de balle du championnat devant des cadors comme Manchester City ou Arsenal. Rien que ça. « Il a une exigence en terme de jeu qui a nécessité beaucoup de travail de la part des joueurs » confirme Olivier Spaeth.

Après une longue période de souffrance où Rodgers tente d’imposer sa patte, Liverpool finit la saison 2012-2013 à une indigne 7e place juste derrière le rival honni, Everton.

« Nous avons une équipe prête à en découdre », B. Rodgers

Il en était donc trop pour les Reds et leur entraîneur qui décida de s’entourer de joueurs capables d’assumer le nouveau jeu de l’équipe, fait de passes courtes et d’une grande intensité au milieu de terrain. Pour cela, Liverpool a frappé fort sur le marché des transferts cet été, « un mercato plus que réussi » pour le défenseur des Reds Daniel Agger. En dépensant plus de 50 millions d’euros, le club n’a pas changé son appétit habituel. Mais cette fois-ci le recrutement a été intelligent avec l’arrivée de joueurs (les français Sakho et Cissokho, le gardien Mignolet, Moses ou encore Kolo Touré) qui ont apporté une plus-value au sein de l’effectif. L’ensemble de ces nouvelles recrues se sont toutes avérées déterminantes dans le début de saison du LFC emmené par une paire d’attaquants qui à de quoi faire peur.

« Suarez a plus de chance de gagner ici qu’à Arsenal », K. Touré 

Car c’est bien là l’atout numéro un de Liverpool. Bien alimenté par le petit prodige brésilien de 21 ans, Philippe Coutinho, Luis Suarez et Daniel Sturridge forme une doublette de feu, dite SAS (Suarez And Sturridge). L’international anglais arrivé l’hiver dernier marque cette saison près d’un but par match avec les Reds. Son insolente efficacité a réussi à faire oublier la suspension de son alter ego Luis Suarez en début de saison. Après moult péripéties, le « pistolero » dégaine plus vite que son ombre. 17 buts en 11 matchs disputés, actuel meilleur buteur de Premier League, Suarez a les crocs et il le fait savoir : « Si nous continuons à ce niveau, nous pouvons remporter le championnat » a-t-il confié sur la chaîne du club. Son départ avorté pour Arsenal désormais oublié, l’Uruguayen semble de nouveau parti pour réaliser une grande saison avec les Reds.

Seul candidat au titre déclaré à ne pas jouer de Coupe d’Europe et déjà éliminé de la Coupe de la Ligue, les jeunes coéquipiers de l’éternel Steven Gerrard profitent d’un calendrier idéal. Aux yeux des performances en demi-teinte de Manchester United, champion en titre, Liverpool peut croire en un retour sur le devant de la scène. Même si « l’objectif reste la qualification en Ligue des Champions » tempère Olivier Spaeth, « l’attente est grande. Cela fait trop longtemps que les Reds n’ont pas été champions… ». Anfield sera donc un atout précieux pour que ses joueurs ne marchent jamais seul vers un hypothétique Graal qui leur échappe depuis 1990, une éternité.

Fabien Mariaux