L’hôpital Saint Roch à Nice : des commerçants encore affectés par sa fermeture en 2015

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Entrée principale de l'hôpital Saint-Roch. (Photo MC-L)

Depuis 2015, la plupart des services de l’hôpital Saint Roch ont fermé pour être transférés à Pasteur 2. Actuellement le service et les urgences dentaires sont encore disponibles mais les jours d’ouverture sont de plus en plus restreints. Bientôt, il n’y aura plus aucune trace de l’hôpital : ce dernier va laisser place au nouveau projet de l’hôtel de police, à l’étude depuis plusieurs mois. Tout le bâtiment va être entièrement restauré pour accueillir la police nationale et municipale, en un même lieu. Ce projet de 155 millions d’euros devrait se terminer en 2022. Il vient d’être voté et se concrétise. Mais les travaux sont encore longs et les commerces de proximité souffrent toujours de la fermeture du grand hôpital.

C’est principalement les commerces de la rue Delille, la rue Pastorelli et la rue Pierre Devoluy qui sont les plus exposés à la perte de clients. En effet, les restaurants, brasseries et boulangeries de ces lieux étaient très proches de l’hôpital. Le personnel de ce dernier ainsi que leurs patients constituaient une part importante de la clientèle : « Beaucoup d’infirmiers, de médecins ou encore des parents de patients s’arrêtaient pour manger ou prendre un café », nous confie le gérant du Bistrot des Embruns, en face de l’entrée principale. A 11 heures, la salle et la terrasse sont vides. Une interne de l’hôpital vient de rentrer seule pour réserver deux plats du jour. « Pour les restaurants, c’est toujours plus compliqué car ce sont les clients de proximité qui s’arrêtent. Tous les médecins mangeaient aux alentours et il y a très peu de touristes dans ces rues », déclare Josiane, cuisinière au restaurant libanais Saydawi, à l’angle de la rue Pastorelli.

L’entrée fermée du restaurant Happy Diner. MC.L

Une baisse importante du chiffre d’affaire

Au cours de ces deux dernières années, certains restaurants ont été liquidés et ont dû fermer, à l’instar du restaurant Le ReBie’s rue Devoluy, la boucherie Chez Alain fermée en juin dernier, ou encore le restaurant Happy Diner, racheté par un brocanteur. La diminution du chiffre d’affaire est considérable. Elle est estimée entre 30 et 40% pour la plupart des commerces, dont la      Boulangerie Carabacel : « Si j’avais 20 ans en moins, je partirais. Maintenant c’est bientôt la retraite pour moi et ce problème ne me concerne plus ». Pour Frites City, à côté du Bistrot des Embruns, le pourcentage de pertes est similaire : « Cela fait onze ans nous servons les clients, on allait même livrer directement aux services de l’hôpital. Ça a été très dur les six premiers mois surtout. », confie Marguerite, la propriétaire des lieux.

En revanche, certains commerces réussissent à garder une clientèle satisfaisante, en particulier les plus anciens. Dans le restaurant Saydawi, les commandes restent nombreuses : « Nous avons ouvert le restaurant il y a maintenant 17 ans et ça nous a bien évidemment touché, car nous avons perdu une douzaine de clients par jour. Mais heureusement, nous sommes un restaurant ancien et connu par un certain nombre d’habitués. On tient le coup grâce à eux », ajoute Josiane. C’est aussi le cas de la brasserie Eden Bar, dans la même rue. Elle semble moins concernée par ce changement : « On a toujours un peu de pertes c’est sûr, mais nous ne sommes pas très affectés. », affirme le serveur sur un ton léger et rieur. « Par rapport à l’hôpital, c’est surtout les ambulanciers qui venaient le plus pour prendre le café le matin et boire un verre le soir. Les pertes ne sont pas très importantes ici ».

En attente de nouveaux clients

D’autres restent confiants par rapport au nouveau projet, notamment les gérants du tabac Le Narval. Ils ont acheté le local il y a cinq ans tout en sachant que l’hôpital allait fermer : « C’était un risque à prendre mais la baisse de clients sera compensée par les 2200 personnes de l’hôtel de police. Les travaux débutent l’an prochain et d’ici là, les ouvriers seront aussi nos clients. », affirme Laurence, la vendeuse.

Mais l’aboutissement du projet est encore loin et aucun commerçant n’est très informé sur son organisation. Certains restent sceptiques : « On attend de voir, car il est évident que si on est en face du futur parking, on n’aura rien gagné », déclare le cuisinier du restaurant Chez Anaïs, dans la rue Pierre Devoluy. La rue est sinistre. La perte des clients a encore un impact important, même si elle est en partie compensée par les personnes des autres établissements à proximité, comme le commissariat Foch et la chambre des commerces.

Marie-Camille Lamercy