LFP/Twitter : le conflit qui gazouille sur Vine

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Trois semaines après la troisième mise en demeure de la Ligue de Football Professionnel à Twitter au sujet de Vine, la question de la diffusion des buts sur les réseaux sociaux se pose toujours. Entre un conflit difficile à régler et une histoire de gros sous.

La LFP ne veut pas se laisser faire face au géant Twitter. Jérôme Perlemuter, responsable juridique de la ligue, a menacé le 13 novembre sur le site du Figaro que «si Twitter refuse de prendre en compte la question des ayants droit, nous serons contraints d’agir devant les tribunaux». La raison du conflit ? L’application vidéo Vine. Depuis plus d’un an on voit apparaître sur les réseaux sociaux toutes les actions importantes des matchs, quelques secondes seulement après leur diffusion à la télé. Ainsi à chaque journée de championnat on peut voir 50 vines permettant de voir tous les buts, les arrêts de gardiens ou les actions insolites.

Les détenteurs des droits télé en colère

De quoi agacer la LFP et les diffuseurs de la Ligue 1, Canal Plus et beIN Sports. Ces derniers paient chaque saison 607 millions d’euros pour les droits de la Ligue 1 et de la Ligue 2. «Cela fait un an que l’on constate ce phénomène, explique Laurent de Camas, directeur marketing et business développement de beIN Sports sur le site de L’équipe. C’est tout simplement de la mise en ligne sauvage de nos droits de diffusion et c’est un dommage commercial puisque cela peut se transformer en une perte de recrutement d’abonnés pour la chaîne». Du côté de Canal Plus on ne souhaite pas réagir « sur un conflit qui regarde la ligue et Vine ».

Alexandre, utilisateur de Vine, a fait l’expérience de la sévérité de la LFP par rapport à l’application : « J’avais mis sur Vine la vidéo du raté de Gakpé au poteau de corner. Le joueur lui même l’avait repris sur son compte ! Mais la ligue l’a fait supprimer ». Depuis il ne met plus de vidéos pour « ne risquer aucune sanction ». Il ne comprend pas la volonté de la LFP de sanctionner Vine et ses utilisateurs. « Je souhaite juste partager ce que je vois. Il n’y avait aucun but de détournement vis à vis des diffuseurs » ajoute-il. Face à cette situation, Alexandre voudrait que la ligue « soit plus réactive que les réseaux sociaux » sur la diffusion des actions sur le net.

Une ligue sans défense

Si Jérôme Perlemuter voit « une légèreté » de la part de Twitter sur le traitement de ce problème, c’est parce que le réseau social est en position de force dans cette affaire. Twitter est placé sous la juridiction américaine et n’est donc pas soumis à la législation française. Et aux Etats-Unis, le Copyright ne s’applique pas en dessous de 7 secondes. Or les vines ont une durée six secondes… De quoi laisser perplexe face aux chances de la LFP, qui réclame dix millions d’euros de dédommagement à Twitter. Même la Premier League anglaise n’a, pour l’instant, pas réussi à obtenir gain de cause face au petit oiseau bleu.

Julien Duez

Les Vines dans le football : une appli en plein boom

Vine est une application gratuite de Twitter qui héberge de courtes vidéos de 6 secondes qui tournent en boucle. Désormais, les sites d’actualité comme les blogs n’hésitent plus à utiliser ces vidéos « pour faire le buzz ». Gratuitement face aux détenteurs de droits qui dépensent des sommes considérables.

Pendant la Coupe du monde au Brésil, le nombre de vidéos partagées sur les réseaux sociaux ont explosé. Ainsi Vine revendique aujourd’hui 100 millions de vidéos vues par mois.

On voit donc apparaître des comptes Twitter spécialisés de vines sur le football. Et ils connaissent un énorme succès. Les plus connus, Football Vines et Sports Vines, comptent respectivement 639 000 abonnés et 337.000 abonnés.