L’Etat prêt à racheter les licences des taxis

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Objectif : mettre fin au conflit VTC / Taxis, qui n’en finit plus de susciter des tensions entre les deux professions. L’Etat a donc décidé d’opter pour une nouvelle mesure : racheter les licences de taxis. Un changement important pour la profession.

Dans un document distribué aux représentants de la profession, le Ministre des Transports Alain Vidalies, a annoncé hier plusieurs mesures afin d’enterrer, une bonne fois pour toute, la hache de guerre entre les taxis et les VTC. Parmi elles, la création d’un fond de garantie, qui sera capable de racheter, à prix garanti, les licences de taxis. Une proposition faite dès février 2016 par Laurent Grandguillaume, député PS de Côte d’Or.

Même si les modalités restent à définir, « Cette décision va stabiliser le prix des licences » annonce Patrice Tripani, président de la fédération des taxis à Nice. Pour lui, la décision du gouvernement est une très bonne chose. « C’est bien que l’Etat puisse proposer aux taxis les plus endettés de se faire racheter leurs licences ». Selon lui, nombreux sont les taxis, notamment sur la Côte d’Azur, à avoir vu leur chiffre d’affaires chuter de 50%. « Une licence coûte environ 300.000 euros. Et certains n’arrivent plus à générer assez de revenus pour pouvoir subsister ».

Un désaccord sur le financement du fond

En revanche, personne ne semble vouloir mettre la main à la poche. Et pourtant, selon le think tank Terra Nova, ce serait près de 4,5 milliards d’euros nécessaires à la création du fond de garantie. « J’espère, même si je le sens venir, que ce ne sera pas les taxis qui vont devoir payer de nouvelles taxes » avoue Patrice Trapani. Mais Laurent Grandguillaume explique clairement que le fond sera financé par l’ensemble du secteur, afin de « ne pas faire peser ce dispositif sur le contribuable ».

Une formulation qui pourrait inclure les VTC, et contre laquelle s’insurge Jacques Arnault, « ancien Uber » et propriétaire d’une société de VTC. « Il ne manquerait plus que ça : non seulement, c’est de leur propre faute s’ils  paient aujourd’hui des sommes astronomiques pour une licence. Mais en plus, nous, nous allons devoir mettre la main à la poche » s’exprime-t-il. Ce à quoi rappelle le député PS « l’importance de la solidarité du secteur », même si « pour l’instant, aucune solution sur les questions sur le financement n’est définitive, et est susceptible d’évoluer dans les prochains jours ou semaines« .

En finir avec les licences trop chères

La seconde décision de l’Etat est de distribuer des licences dites « incessibles ». C’est-à-dire impossible à donner, échanger ou vendre, afin qu’elles ne se retrouvent pas monnayée entre taxis. L’objectif est de, au fil du temps, remplacer toute les licences cessibles, dont les prix continuent de flamber, pour des licences non cessibles.

Au départ, ces dernières seront offertes gratuitement par l’Etat. Mais elles pourront éventuellement donner « lieu à rétribution » explique la feuille de route. C’est-à-dire que leur distribution pourrait être payante, participant ainsi au financement du fond de garanti. Une autre piste que privilégie Patrice Trapani : « c’est une solution qui correspondrait beaucoup plus à la situation des taxis, du moment que les prix de ces licences restent modérés, et adaptés à la réalité de la profession« .

 

Félix Mazet

Baptise Gallipaud

 

Crédit photo une: Reuters