Taxis clandestins…

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La gare Thiers de Nice est le théâtre, depuis quelques années, d’un circuit parallèle de taxis illégaux.« On en arrive aux heurts, voire aux menaces de mort ». Si au début les chauffeurs assermentés ne se sont pas inquiétés, aujourd’hui ils alarment l’opinion publique dans les médias, suite au communiqué de presse de Patrick Allemand sur le sujet. La situation est préoccupante, elle risque de devenir politique. Les taxis clandestins qui officient à la gare Thiers sont peu nombreux – une dizaine – mais envahissants. L’un des chauffeurs certifiés raconte que « la clientèle a nettement baissé. Alors que s’ils annoncent des tarifs moins chers, il n’en n’est rien ». Même si certains taxis assermentés niçois ont aussi la réputation de ne pas être totalement honnêtes parfois…

Ainsi, la course d’un taxi clandestin de l’église Russe (boulevard Gambetta) à la gare Thiers ne coute pas moins de quinze euros. Enorme pour pas moins d’un kilomètre ! Le chauffeur, maghrébin, est peu loquace. Sa voiture est vieille, elle sent la cigarette éteinte. Abordé au bord de la route, il ne cache pas son activité clandestine.

« Le tarif d’un taxi indépendant sera de ce niveau pour le même trajet mais lui comprend le déplacement préalable vers l’église Russe ».

Le commerce, lucratif, est très bien organisé. Max Roy, président du syndicat des taxis de Nice argumente qu’« ils fonctionnent en réseaux. Certains bars, veilleurs de nuit ou hôtels vont appeler directement le chauffeur dans l’illégalité. C’est une grosse toile qu’ils ont tissé. »

Sur le parking des lieux, taxis, voitures personnelles, agents de la police se côtoient. Pas facile en ce jour de repérer un taxi clandestin: vieille voiture, chauffeur « souvent immigré ». Pourtant ils sont là, au vu et au su de tous ils rabattent leurs futurs clients. Ils suffit de regarder la voie d’en face pour apercevoir quelques anciennes Mercedes. Les habitués les connaissent bien. Si eux doivent « être assermentés, avoir un casier judiciaire vierge, une voiture contrôlée, une assurance…  » les illégaux qui ne répondent à aucun de ces critères font encourir de « réels risques à leurs passagers. La semaine dernière l’une de leur cliente a oublié son ordinateur dans la voiture: impossible pour la police de mettre la main sur le chauffeur… » Rien de tel encore à Nissa la Bella mais pour que la ville garde son surnom, Rudy Salles (adjoint au maire) a promis d’intervenir. Une brigade spéciale taxis, similaire à celle de Paris, devrait être créée prochainement.

Chanael Chemin

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