Les secteurs professionnels, inégaux face aux accidents du travail

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640 000. C’est le nombre d’accidents du travail avec arrêt survenus en France en 2012. A Nice, la Fédération nationale des accidents du travail et des handicapés (FNATH) vient en aide aux personnes concernées. Divers domaines sont touchés. 

Mauvaises chutes, coupures, harcèlements… Qu’ils soient physiques ou moraux, les accidents du travail peuvent avoir d’importantes conséquences sur une carrière professionnelle. Chaque année, ces mésaventures représentent 45 millions de journées de travail perdues. Même si elle connait en ce moment quelques difficultés financières, la FNATH est une association nationale qui accompagne les adhérents. Elle est composée de juristes, bénévoles et experts médicaux. « Ca peut aller du simple conseil à la Cour de cassation ou à la Cour européenne » déclare Franck Bocchi, juriste à la FNATH 06. « Aujourd’hui, les assurés ont beaucoup de contentieux avec les organismes sociaux tels que la Sécurité sociale. Nous tentons de les régler » précise-t-il. La fédération départementale regroupe 663 adhérents dont beaucoup sont issus du secteur du bâtiment. « Au niveau national, la FNATH regroupe plus de 100 000 cotisants dont les métiers nécessitent un effort physique » témoigne le juriste. Les accidents du travail et maladies professionnelles concernent également les hôtesses de l’air qui souffrent d’acouphène ou encore les aides à domicile qui doivent soulever les malades. Pour Franck Bocchi, les spécificités sont plus ou moins différentes selon les régions françaises : « Sur la côte Atlantique, les marins pêcheurs sont plus touchés par les accidents du travail alors que sur la Côte d’Azur le secteur hôtelier est la principale victime. »

Agir sur le plan moral

Jean-Luc Kleinpeter, adhérent et bénévole à l’association FNATH, a chuté de quatre étages alors qu’il était chef de chantier. Il insiste sur les questions de prévention. « Les conditions de travail ont aujourd’hui évolué, il y a eu une prise de conscience et les normes professionnelles sont désormais mieux appliquées » reconnaît-il. Pour lui, c’est un besoin vital de venir en aide aux plus vulnérables. Dix personnes se rendent actuellement à la FNATH 06 pour des problèmes de harcèlement au travail. L’association, par la voix de Franck Bocchi, tente de démêler le vrai du faux et de trouver des solutions à l’amiable. En 2013, on recensait  près de 200 000 cas de harcèlement au travail dont beaucoup ne sont pas déclarés. Les séniors sont essentiellement touchés par ces méthodes. « Nous accompagnons aussi des personnes qui ont été victimes d’erreurs médicales dans leurs démarches juridiques et administratives» confesse le juriste. Ce dernier dénonce également la lenteur de certaines procédures. Elles peuvent parfois durer plus de 15 ans. « Certains ayants droit sont morts avant d’obtenir gain de cause. »

Julien Sigari