Les sages-femmes en quête de reconnaissance

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Après les bonnets rouges, c’est au tour des blouses roses de dérouler les banderoles. Les sages-femmes du secteur public se sont mises en grève pour réclamer une revalorisation de leur statut depuis le 16 octobre. Et elles n’entendent pas s’arrêter là. Avec cinq années de formation à leur actif, elles exercent en tant que profession paramédicale. Un statut injuste pour Nathalie Lemotte, sage-femme libérale à Nice, rattachée à l’hôpital de l’Archet. « On travaille autant que des médecins, et nous sommes payées comme des infirmières, ce n’est pas normal« . En moyenne, les sages-femmes françaises gagnent 1600 euros par mois. Trop faible pour une charge de travail trop élevée, selon ces professionnelles de l’accouchement. 97% d’entre-elles ont répondu oui à la grève. Mais malgré les manifestations, les sages-femmes n’ont jamais cessé de travailler. « On ne peut pas abandonner nos patientes. On aime ce qu’on fait. Rien n’est plus beau que de donner la vie ».

Le secteur privé plus mitigé

Dans le secteur privé, la mobilisation n’a pas suscité tant d’intérêt. Mlle Rigault, surveillante à la maternité de l’hôpital Lenval de Nice, ne cache pas ses réserves. « Les sages-femmes sont des prétentieuses. Elles ont tendance à se prendre pour des médecins alors qu’elles ne le sont pas ». Selon cette responsable de service, la différence entre les deux métiers est évidente. « Nous, on ne s’occupe que des accouchements parfaits. S’il y a des complications, c’est le médecin qui sauve la vie du bébé, et de sa mère. » A noter également que dans le privé, les sages-femmes bénéficient d’un statut à part entière et sont mieux payées. Leur salaire moyen est de 2400 euros. Mlle Rigaut le justifie par des conditions de travail différentes du secteur public. « Notre clientèle paye très cher les services de l’hôpital, on doit se plier à toutes les exigences. Vous imaginez si on avait été en grève quand Angelina Jolie était là ? ». 

Stéphanie Houry