Les Roms resteront encore une nuit au sec

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Le dispositif d’hébergement d’urgence est maintenu pour une troisième nuit dans le boulodrome de Nice-Ouest. La préfecture étudie la possibilité de reloger les 90 Roms.

Plusieurs familles de Roms attendent la venue de Jean-Daniel Montet-Jourdran, le sous-préfet.

« Ce soir personne ne dort dehors ! ». Sylvie Demangeat, responsable à la Croix-Rouge, est soulagée de connaitre la nouvelle qui vient de tomber. Depuis maintenant deux jours, 90 Roms sont logés en urgence sous le toit du boulodrome de Nice-Ouest. Pour des raisons de sécurité, ils ont été évacués de leur campement vétuste implanté sur les rives du Var. « Le Préfet a décidé de ne pas prendre de risque. Nous assurons le quotidien des Roms : la banque alimentaire nous a fourni l’alimentation et nous avons des bénévoles pour les aider. Il n’y a aucun problème avec la communauté très respectueuse », assure Sylvie Demangeat.

À l’intérieur, des tentes de la Croix-Rouge, des lits de camps, des duvets. Et des hommes, femmes et enfants qui ne savent pas de quoi leur avenir sera fait. « Nous sommes dans une situation critique. Je préfère qu’ils dorment une nouvelle nuit à l’abri de la pluie et du froid », indique Jean-Daniel Montet-Jourdran, sous-préfet chargé de Mission« On leur déconseillera de se rendre à nouveau sur les bords du Var. Je suis en train de chercher un terrain pour les reloger dans des mobil-homes » confie le représentant de l’Etat. Par le biais de la scolarisation des enfants ou de l’insertion professionnelle, le sous-préfet aspire à intégrer les Roms. « C’est l’Etat qui assume les frais » 

Un avenir en suspens

« Nous sommes en train de regarder la situation de chacun. Cet après-midi, une équipe de Pôle Emploi va venir sur place pour connaître les compétences professionnelles de certains Roms », explique Jean-Daniel Monter-Jourdran. En effet, depuis août 2012, une circulaire oblige les préfectures à procéder à un audit complet (sanitaire et administratif) lors d’évacuations de camps sous décision judiciaire. « Une partie des Roms a eu peur quand la police est venue les chercher. Ils ont cru qu’on allait les expulser. Dès leur arrivée ici, on a dû leur expliquer la situation », fait savoir Sylvie Demangeat. De nombreuses associations travaillent main dans la main avec la préfecture et Viorel Costache, représentant de la communauté Rom sur la Côte d’Azur. « Je demande avant tout la scolarisation des enfants » résume Viorel Costache. À Grasse, depuis début 2012, une quinzaine d’enfants Roms ont été scolarisés. De quoi redonner espoir à la communauté.

Christopher Quarez et Jean-Alexis Gallien-Lamarche