Les précaires s’informent sur le sida

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Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) et ses partenaires ont organisé ce mardi à l’accueil de jour de Nice une matinée de sensibilisation au sida dédiée aux personnes précaires, cœur de cible de ce fléau. « Près de 90 % des personnes atteintes sont pauvres ». Patrick est bénévole à Nice de « Aides », première association française de lutte contre le sida. Lui et des membres du Centre de dépistage anonyme et gratuit étaient présents ce mardi au CCAS niçois de la rue El Nouzah, accueil de jour fréquenté par 115 personnes dans le besoin. « Face à ce virus, les populations pauvres sont en première ligne », annonce ce dernier.

Autour d’un petit déjeuner, il a donc s’agit de proposer aux plus démunis des animations et des informations cruciales en matière de prévention et dépistage du VIH.

Faciliter l’accès aux soins

« Nous avons affaire à un public en errance, habitué à négliger sa santé », explique-t-on au CCAS. « Il faut libérer la parole et leur donner envie de s’intéresser au dépistage ». Pour les aider, la psychologue Irina Mahiltsava s’est aussi montrée à l’écoute des quelques 40 personnes présentes. Autre problème : le manque d’argent. « Ce n’est pas normal que les préservatifs soient payants », indique Daniel, SDF de 43 ans. « Car si l’on n’a pas d’argent pour s’en acheter, on s’expose aux risque. C’est injuste ! ».

« Or, tout le monde a droit à la santé », indique à son tour Christian Sanchez, employé de l’accueil de jour. A cet effet, un stock de 150 sachets de préservatifs a été distribué gratuitement. Une seule prise de rendez-vous pour un test de dépistage a été enregistrée.

Pour Yanis, un sans-abri originaire de Lettonie, il ne faut pas se leurrer : « Quand on dort dans la rue, c’est dur d’avoir des rapports avec des femmes. Cela ne va donc rien changer à ma vie ».

Olivier Porri-Santoro