Les libérations d’otages (souvent ratées) de l’armée américaine au Moyen-Orient

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Les forces armées de la bannière étoilée n’ont pas forcement brillé dans l’exfiltration d’otage. Une connaissance approximative du terrain, des opérations montées à la hâte, ou encore des possibles fuites des services de renseignement sont les principales causes d’échec de ces missions. Retour sur les libérations d’otages menées par Washington, du moins celles communiquées à la presse.

L’échec de l’opération  »Eagle Claw »

L’ambassade américaine à Téhéran est occupée en novembre 1979. La raison : l’ayatollah Khomeiny, guide suprême de la révolution islamique, exige le retour au pays du shah Mohammad Reza Pahlavi exilé alors aux Etats-Unis. Jimmy Carter, le président refuse et le bras de fer commence. En 1980, l’armée américaine décide de monter une opération pour libérer les 53 otages. Le 24 avril le raid est lancé. Une planification trop complexe, des problèmes techniques ainsi que des tempêtes de sable imprévues conduisent à l’échec et à l’abandon de la mission. Et en 1981, après 444 jours de captivité les otages sont finalement libérés. Comment ? Le gouvernement américain aurait versé une rançon à l’Iran en échange de leurs libertés. 

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Sauvetage raté en Syrie en 2014

Dans la nuit du 3 juillet, Barack Obama autorise plusieurs dizaines de commandos à passer à l’action pour libérer des ressortissants américains des mains de l’Etat islamique (EI). Disposant pourtant de  »renseignements solides » selon le New Yorker, cette opération aboutit à un échec. Quand ils pénètrent dans le bâtiment cible, ils ne trouvent aucun prisonnier. Les membres de la Delta Force l’inspectent, cherchent des cachettes, ramassent des indices (téléphones portables, ordinateurs,…) mais aucun signe des otages. Est-ce un échec ? Du côté de l’état major américain, qui se confie au New Yorker, l’opération avait un double objectif :  »aller chercher les otages, mais aussi envoyer un message à l’EI ».

Archives/Spc. David M. Sharp/USArmy

Bis repetita au Yémen en décembre

À peine 5 mois après l’échec en Syrie, les forces spéciales américaines tentent une nouvelle opération en décembre. Cette fois ci pour secourir un journaliste, Luke Sommers, et un enseignant sud-africain retenus par Al Qaida depuis plus d’un an. Le raid est lancé moins de 24 heures avant l’expiration de l’ultimatum lancé par les ravisseurs qui menaçaient de tuer Luke Somers si Washington ne répondait pas à des exigences. Selon le département de la Défense américaine à l’AFP :  »il était impératif d’agir au plus vite ». Une précipitation qui leur coûtera cher puisqu’au cours de l’attaque les deux prisonniers se feront exécutés.  »Un éclair lumineux a brusquement surgi […] et nous pensons que c’est lorsque les otages se sont fait tirer dessus », confie un haut responsable du Pentagone à l’AFP.

L’Américain Luke Somers était détenu par Al-Qaïda au Yémen
HO / AL-MALAHEM MEDIA / AFP

L’Irak sourit à l’armée américaine

Malgré le rappel des troupes d’Irak, le Pentagone en travaillant de concert avec des militaires kurdes a réussit à libérer 70 otages des mains de Daesh dans la nuit du 21 octobre 2015. La principale mission des forces américaines pendant l’opération était  »le soutient et la défense des forces kurdes » précise un responsable de la Défense américaine. Une vidéo de l’opération a été diffusée dimanche dernier, par le gouvernement de la région autonome du Kurdistan irakien. Le travail d’équipe s’est révélé payant ici, et Ash Carter, secrétaire à la Défense, s’est dit « favorable à de nouvelles coopérations dans le futur » lors d’une conférence de presse au Pentagone. 

Story map des libérations de l’armée américain

 Désiré Teivao