Les Alpes-Maritimes sont à sec

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Depuis le 3 juillet dernier, le département est placé en « vigilance sécheresse ». Le manque de pluie et les hausses des températures en sont les principales causes. Les particuliers, les piscines publiques et les golfs doivent alors réduire leur consommation d ‘eau. Une restriction que l’on doit à la Préfecture.

Tout est sec. Dans les Alpes-Maritimes, sept bassins sont concernés par les mesures de l’alerte renforcée : La Roya, la Brague, le Loup, le Var, l’Esteron, le Paillon et Cagne. Les consommateurs d’eau se trouvant dans ces zones doivent désormais respecter des règles plus strictes. Par exemple, l’arrosage des pelouses est désormais proscrit. Mais le paysagiste Michel Secchetti, gérant de l’entreprise Création Maintenance Paysage, a prévu son coup : « on a anticipé cette décision en plantant du gazon plus résistant chez nos clients. On leur a même proposé de leur installer du synthétique », affirme-t-il, rassuré de savoir que son chiffre d’affaires ne se dégradera pas.

Mais cette restriction reste une mauvaise nouvelle pour les golfs. Leur arrosage étant désormais interdit, c’est tout un aspect économique qui rentre en jeu. Car la plupart d’entre eux doivent réduire de 60% d’eau l’irrigation de leur pelouse. C’est du moins le cas de Victor Camerini, responsable du terrain de Biot. Face à ces mesures, il s’inquiète : « quel touriste voudrait venir jouer sur un terrain tout jaune ? » D’après lui, ses revenus en seront sûrement impactés. Derrière son bureau, Victor continue de se plaindre : « c’est injuste, notre eau vient des nappes phréatiques, lorsqu’on arrose ça retombe directement dedans » Le problème, c’est que la plupart des sols concernés sont déjà secs.

Alors que ce règlement chamboule tous les secteurs, certains savent garder leur sang-froid. Dans le milieu agricole, cet arrêté interdit l’arrosage des plantations entre 8h et 20h, sauf pour les cultures intensives. Une directive qui ne pose pas de soucis à Laurent Lassemblée, gérant de la ferme familiale Les papillons verts. « On arrose que durant les heures fraîches, donc nous ne sommes pas concernés. On va pouvoir continuer à produire comme avant », affirme-t-il, satisfait, mais pressé de retourner au champ. Des cas comme Laurent, il n’en existe que quelques-uns. D’autres, s’interrogent pour l’avenir. « L’hiver c’est moins problématique que l’été, on a moins besoin d’arroser nos plantations. Mais si cette alerte renforcée dure toute l’année, ça risque d’être compliqué pour mes récoltes », s’inquiète Stéphane Denunzio, permaculteur à Pont du Loup, dépendant du bassin du Loup.

Au-delà des entreprises, ce sont aussi les particuliers qui doivent jouer le jeu. Les automobilistes sont appelés à ne plus laver leur véhicule eux-mêmes, mais uniquement dans des stations de lavage. Pour un employé d’American Car Wash, cette mesure pourrait avoir un impact bénéfique sur le chiffre d’affaires de l’entreprise. Cette dernière, se trouvant à la sortie de Nice, se dit prête à recevoir de nouveaux clients.

@BaggioniNicolas