Les abeilles envahissent l’Ariane

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Le quartier de l’Ariane accueille cette semaine cinq nouveaux logements collectifs et des locataires un peu particuliers : des abeilles. Inauguré jeudi par le maire de Nice, le projet écologique se veut ludique pour les visiteurs, tout en garantissant de bonnes conditions de sécurité. « Faites gaffe, une abeille, si ca se sent agressé, ca peut poursuivre quelqu’un sur un kilomètre ». C’est sur ce conseil engageant que Joël, le gardien du parc municipal des Tripodes, accueille les visiteurs en ricanant. Depuis hier, l’espace vert de l’Ariane accueille cinq ruches. Pour l’instant, elles sont encore vides, mais selon le gardien, « c’est au printemps prochain qu’ils vont installer les reines. L’hiver, elles ne survivraient pas ».

Abeilles peu agressives

C’est donc cinq ruches vides que le maire de Nice, Christian Estrosi, a inauguré jeudi. « A l’abri, derrière le grillage », ironise le gardien, « fallait donner le bon exemple aux enfants qui étaient là ». Si le projet initié par l’association ARBRE (Association pour la Réhabilitation, les Bienfaits et le Respect de l’Environnement) et le service des espaces verts de la ville se veut éducatif, il n’est pas sans danger pour les visiteurs. « Nous avons tout de même pris quelques précautions », explique Paul Gougol, de l’association ARBRE, « ce sont des abeilles Ligustica, elles sont peu agressives et ne s’éloignent pas de la ruche. Pas de risque de comparaison avec les abeilles tueuses aux Etats-Unis ». Pour le bénévole, cette installation est d’abord un moyen de faire découvrir la diversité biologique aux enfants. Ensuite, une façon de poleniser les plantes du parc.

Gérer les essaims

« En fait, ce n’est pas pour les riverains qu’il faut s’inquiéter, c’est plutôt pour les abeilles », rappelle le bénévole. L’abeille est un insecte sensible à son environnement. Le moindre écart de température, la pollution du sol ou de l’air risque de la tuer. Problème : à l’article de la mort, une reine à tendance à pondre des larves que les autres abeilles disséminent un peu partout. « On se retrouve à devoir gérer des essaims éparpillés dans les jardins des particuliers ou dans les halls d’immeubles », explique Paul Gougol, « mais il ne faut pas oublier que l’élevage en milieu urbain est déjà pratiqué à Paris, sans qu’il n’y ait de problème rapporté ». L’association ARBRE se veut confiante et n’exclut pas qu’un jour il se commercialise un miel estampillé « Ariane ».

Charles Manalt