Le vélo bleu, un dispositif à deux vitesses

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En service depuis cinq ans, le dispositif Vélo Bleu a franchi le cap des quatre millions de locations. Pratique pour certains, en retard pour d'autres ... Les avis sont partagés

Mis en service en juillet 2009, le vélo bleu vient de franchir le cap des quatre millions de locations. Si 10 000 personnes sont abonnées à l’année, le service possède ses avantages et ses inconvénients.  

Présenter son badge à la borne, décrocher le vélo bleu, monter et pédaler… Pour de nombreux Azuréens, cet acte est devenu un réflexe. Si près de 6 000 locations sont effectuées chaque jour, les avis sont mitigés. « Les usagers aiment parcourir toute la Côte mais sont surpris par le poids du vélo. Il pèse 18 kg » assure Paule, chargée du service commerciale du vélo bleu. « Ce détail peut constituer un frein pour les petits gabarits, les personnes âgées et d’une manière générale dans les montées » poursuit-elle. Ces deux-roues sont surtout prisés par les jeunes et les plus de 65 ans. Ces tranches d’âge aiment concilier promenade et activité sportive. Depuis cinq ans, le réseau s’est élargi et passe désormais par Cagnes-sur-Mer et Saint-Laurent-du-Var. La zone compte 175 stations pour 1 750 vélos et 3 100 bornes d’accrochage. Malgré leur succès, ces bicyclettes ne sont pas toujours bien traitées. Certains quartiers sont plus touchés que d’autres par les dégradations, c’est le cas de Saint-Augustin ou de Bon Voyage. « Nous faisons face à un manque de respect total; il nous est déjà arrivé de retrouver certains vélos dans des poubelles ou suspendus à un portail. J’en ai même vu sur la plage, à croire qu’ils traversent la mer sans pédaler » ajoute Paule.

Un rapport qualité prix globalement positif       

Pour éviter ces incivilités, l’utilisateur est contraint de débourser 150 € de caution avant de s’emparer d’un vélo. Cette somme peut en effrayer plus d’un car elle laisse une empreinte sur la carte bancaire. Pour le service commercial, « ce montant est largement justifié car un vélo bleu coûte 700 € à l’unité. »

Grâce à ce service, il est inutile pour les usagers quotidiens d’acheter un vélo. La journée coûte 1 € et il faut compter 25 € pour l’abonnement à l’année. « Cette activité ne nécessite aucun entretien, pas besoin de gonfler les pneus ou de se soucier du rangement. Les utilisateurs ne sont pas obligés de ramener leur bicyclette à la station de départ » conclut Paule.

Ce dispositif est amené à évoluer avec l’apparition prochaine des vélos à assistance électrique.

CE QU’ILS EN PENSENT…

  • Isabelle, usagère depuis trois mois : « Ce dispositif est très pratique mais certains vélos ont des problèmes de frein et de pneus. Les installations ne sont pas bonnes, il y a de nombreux trous sur la chaussée et les automobilistes n’hésitent pas à se garer sur les pistes cyclables. »
  • Aurélie, usagère depuis le début de l’année scolaire : « C’est un moyen de locomotion rapide car il me permet d’aller en cours facilement tout en faisant du sport. Cependant, certaines stations sont soit vides soit remplies ce qui m’oblige à me rendre à la suivante. »
  • Hamza, usager depuis 2009 : « Je suis abonné à l’année mais je trouve que les bornes sont assez mal réparties. Si la rapidité est le principal avantage de ce dispositif, le vélo bleu a encore du retard sur le vélib’ parisien. »

Julien Sigari & Eole Toutain