Le tatouage de plus en plus ancré en société

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Les salons de tatouages sont passés de 400 à 4.000 en vingt ans en France.

Les tatoués souffrent depuis plusieurs années d’une mauvaise réputation qui leur colle à la peau. De nos jours, on assiste à une acceptation progressive de ce marquage corporel. Nice n’échappe pas au phénomène. 

Empreinte sociale, image de rebelle, signe d’excentricité ou de manque de sérieux. Le tatouage est un marqueur social incontesté. Son image a évolué au fil des années. Alors que l’utilisation des colorants dans les tatouages pourrait être interdite début 2014, l’enjeu de ce marquage corporel est toujours d’actualité. Un français sur dix est tatoué selon un sondage ifop, 20% ont moins de 35 ans. Ils étaient stars du rock, vedettes de cinéma ou égéries d’une marque, maintenant ils sont aussi banquiers, professeurs ou encore chefs d’entreprise. « C’est une forme d’expression. On se fait tatouer des mots ou des dessins qui ont, ou ont eu, une signification particulière dans notre vie » témoigne Quentin, 23 ans, vendeur de vêtements à Villeneuve-Loubet, tatoué du mot « Lucky » sur la poitrine et d’un dragon sur le bras. « Mon employeur est parfaitement au courant de mes tatouages. Je n’ai reçu aucune directive. Je peux les montrer si j’en ai envie ». Une initiative qui intervient tout de même après l’embauche. « Pendant l’entretien je les ai dissimulés, on ne sait jamais ce que peuvent penser les recruteurs ».

« Tant que c’est discret, c’est acceptable »

Tous les métiers considèrent le tatouage de manière différente. Interdit chez certains, toléré chez d’autres. La loi protège les salariés des discriminations liées à l’apparence physique.  Sylvie, responsable R.H. dans un cabinet comptable de Nice, a son avis sur le sujet « Tant que c’est discret c’est acceptable, on fait un métier où on a peu de contact visuel avec le client donc ce n’est pas gênant. À part sur le visage. Pour ça, il faut vraiment qu’il soit un bon collaborateur (rires)». Christian, responsable R.H. chez France-Car a un avis similaire « Tout dépend le métier. Ceux qui sont face aux clients doivent éviter les tatouages et/ou piercings voyant. Il ne faut pas faire naître un quelconque sentiment de gêne ou d’intimidation. Mais si le candidat a un bon profil et que le tatouage n’est pas trop tape-à-l’oeil, je le garde ». Aujourd’hui le tatouage est socialement accepté. Si un doute subsiste, la qualité professionnelle lèvera les dernières suspicions de l’employeur.

Maxime Rovello