Le sida en déclin : une hérésie en PACA

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Karine prend connaissance du rapport annuel de l’ONUsida. À son tour elle devra écrire celui pour la région PACA, publié avant le 1e décembre. Un rapport contenant des chiffres loin d’être aussi positifs.

L’ONUsida a publié ce mercredi son rapport annuel sur l’évolution du virus. Les morts dues au Sida et la contamination sont en baisse. La région PACA ne suit pas cette tendance. En huit ans, 2300 personnes de plus ont été contaminées par le VIH.

Karine prend connaissance du rapport annuel de l’ONUsida. À son tour elle devra écrire celui pour la région PACA, publié avant le 1e décembre. Un rapport contenant des chiffres loin d’être aussi positifs.

Une piqûre au doigt. La goutte de sang est déposée dans une petite capsule. Trois produits sont ajoutés. Un point bleu apparaît. Le test de dépistage rapide à orientation de diagnostic est négatif. Cette personne venue anonymement à l’association Aides de Nice, n’est pas séropositive.

Malheureusement ce résultat cache une réalité bien plus sombre dans les Alpes-Maritimes, le deuxième plus grand réservoir de porteurs du VIH en France. « L’épidémie est ancienne dans le département. Il a été le premier touché », explique Karine, documentaliste au Centre Régional d’Information et de Prévention du Sida (CRIPS) de Nice. « Alors que les cas de contamination se stabilisent, voire diminuent en France, dans notre région, une augmentation est constatée», poursuit-elle. En 2010, quatorze sidéens sont décédés quand 219 individus ont été diagnostiqués séropositifs. Le nombre de malades dans la région est donc en augmentation.

Cibler les homosexuels et les immigrants

« Les homosexuels sont directement visés par nos actions », tient à préciser Ouro Adetchessi, salarié à Aides. « Nous tenons à ce que la prévention soit partout. Nous allons dans les boîtes de nuit et leur parlons du test rapide de dépistage. Nous leur donnons des préservatifs. Nous mettons un maximum d’énergie ». Dans la région PACA, 60% des personnes contaminées sont, selon les chiffres de juillet 2012, homosexuelles. Ce public continue d’avoir des comportements plus risqués que les hétérosexuels.

« Les personnes d’origine sub-saharienne sont aussi notre cible car, n’ayant pas le même rapport à la santé, se protéger lors des rapports sexuels n’est pas un réflexe », insiste un membre de Aides.

Le 1e décembre, le Collectif LutteSida06 organisera une marche depuis la place Magenta jusqu’à la place du Pin pour rappeler aux Niçois que le SIDA reste un danger et que se protéger n’est pas qu’une option.

Sarah Dehaut, Céline Engasser & Martin Alargent