Le printemps des fleurs

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Guillaume Lanier devant des bouquets de fleurs. Crédit : Tumblr

Chaussettes blanches montantes dans de basses chaussures noires. Casquette, pantalon et pull sombre. Un style sobre accompagne Guillaume Lanier dans sa boutique « Martin Fleurs ». Fondée en 1883, la maison fleuriste est la plus ancienne de Nice. La musique rythme chaque mouvement pendant la composition « met plus de fougères, fais-en un énorme bouquet façon marché » conseille-il à son employé. Les odeurs ne manquent pas, toutes plus exquises les unes que les autres.
Au creux d’un petit coin salon et confortablement installé entre deux coussins design, il sourit puis souffle pour refroidir son café. Ses yeux marrons sont assortis à son teint caramel et font ressortir des dents blanches éclatantes. Le tout décoré d’une moustache noire soignée.
Repris il y a trente-cinq ans par son père, c’est aujourd’hui lui qui gère le commerce situé rue de L’Hôtel des Postes.
Il est jeune, dynamique et passionné. « À vrai dire ce métier nous demande tellement de sacrifices, si on n’est pas passionné on ne le fait pas ». Ce métier, il décide de l’exercer différemment afin qu’il lui ressemble plus.

Un éternel adolescent

Jeune dans son corps et être bien dans sa tête sont les maitres-mots. Avant tout, l’homme souhaite se sentir comme à la maison, et c’est pour cela que la boutique est agrémentée d’un mobilier qui lui plaît : « Ce coussin rond là, eh bien j’ai le même en un peu plus foncé chez moi. Pareil pour ces tables basses ».
Dans la vie,  c’est un homme dur et juste. Pourtant, il n’a pas grandi et n’en a aucune envie. Quand on est adulte, on s’impose des barrières. Lui n’en veut pas. Après ses études en Suisse, le jeune homme rentre dans sa ville natale. Un lien très fort avec des amis qui habitent loin et un besoin de découvrir le monde, le poussent à voyager souvent. Le fleuriste conserve une ouverture d’esprit qui lui est propre, ne vote pas, ne prie pas, n’a aucune conviction. Il aime à penser qu’il est un peu anarchiste, comme un ado. « Dans dix ans ? J’espère être mort honnêtement, comme cela j’aurais bien vécu comme j’aimais, et j’emmerderais personne. Attention, d’une mort sympa, pas écrasé par un bus ».

Un novateur

Avec son père, ils dirigent l’entreprise à deux. Guillaume, lui, ajoute les tendances et les nouvelles techniques. Alors que le patriarche de soixante-quatre ans reste plus traditionnel dans sa manière de travailler. « Bien sûr, moi aussi je respecte les bases traditionnelles mais mes idées sont différentes. J’aime bien renouveler. À nous deux, on se complète ».
Il a parfois des idées absurdes mais surtout des solutions à tout. « Une fois, lors d’un mariage en Sicile. Le jour du brunch des mariés, aucune fleur, la livraison d’Hollande était retardée de vingt-quatre heures. On était un peu paniqués et au final j’ai décidé d’aller au marché pour acheter des légumes. Dans les champs d’oliviers sur le chemin, j’ai pris quelques olives… c’était un peu différent mais réussi et les invités se servaient pour goûter la déco ! »

                                                                                       Alice Dubernet


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