Le « niçois » s’accroche pour rester au menu

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Les Français qui achètent « français » est le nouveau thème à la mode chez les hommes politiques. Qu’en est-il des produits locaux ? A Nice, plusieurs entreprises locales s’engagent chaque jour à faire perdurer la tradition Niçoise .La socca, le stockfish, l’huile d’olive…tant de spécialités locales qu’on trouve encore dans les rues de Nice. Martine, enfant de la balle de chez René Socca , prépare et vend certains plats typiquement Niçois depuis plus de 20 ans comme la pissaladière. « On a beaucoup d’habitués qui viennent depuis des années, ce sont les plus fidèles mais notre clientèle c’est surtout les touristes, certains reviennent chaque année chez nous ! » Les Niçois sont de moins en moins enclins à cuisiner les plats traditionnels, ils sont plus tournés vers les repas « prêt à déguster ». Comme le confirme Christine, cliente occasionnelle de chez René Socca : « Une petite socca entre amis de temps en temps c’est sympa mais la cuisiner non. Pas le temps ni le courage !  »

Produits du terroir

Seule l’huile d’olive de l’arrière pays Niçois reste incontournable pour les locaux. Au magasin Alziari dans le vieux Nice, l’huile d’olive c’est une affaire de générations. « Je viens toujours chez eux, l’huile d’olive Niçoise est meilleure, souvent moins chère et puis ça fait gagner des sous aux producteurs d’ici » déclare Rémi, Niçois pur souche, c’est pas pour rien que les touristes viennent chez nous.» Jean- Philippe, autre enfant de la balle, patron de La Cave de la Tour, lui, ne sert que des vins des Alpes Maritimes. « Je suis fier d’être Niçois et des ressources de mon pays » plaisante-t-il.

Les touristes : consommateurs Niçois

Le restaurant l’Escalinada reste un véritable défenseur de la cuisine Niçoise. Les chefs proposent des menus locaux et gardent les secrets de fabrication : merda de can* ou une soupe de poisson particulièrement réputée. Pourtant, il y a de moins en moins de clients Niçois. Jérôme, sous directeur du restaurant explique: « Avec la crise,les Niçois sortent de moins en moins. Ce sont surtout les touristes qui peuvent s’offrir des petits restos. » Selon le Baromètre du Tourisme de Nice, environ 6 millions de touristes viennent dans la capitale azuréenne chaque année. A croire que ce sont eux les vrais consommateurs du « niçois ».

*recette à base de gnocchis

Margot FORTE et Anne Sophie PARMENTIER