Le mythe de Nelson Mandela

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Nelson Mandela, l’ancien président de l’Afrique du Sud, est sorti presque guéri de l’hôpital samedi dernier. Son parcours : une vie semée de combats et de luttes contre les lois de l’apartheid.«? Pour un homme de 92 ans, il nous surprend tous les jours par sa faculté de récupération?», expliquait hier le chirurgien de Nelson Mandela. L’ancien président sud-africain était hospitalisé depuis quarante-huit heures dans une clinique de Johannesburg. Il est sorti samedi presque guéri d’une infection respiratoire aiguë. Il devrait continuer à recevoir des soins à domicile.

Mais parler de Nelson Mandela, c’est avant tout évoquer une carrière, des luttes, des combats, des années de prison et son élection à la présidence. Rarement une destinée individuelle se sera aussi étroitement confondue avec le combat d’un peuple et le devenir d’une nation.

« Un idéal pour lequel je suis prêt à mourir »

« Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie et avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir », avait lancé Nelson Mandela au procès de Rivonia en 1964.

Le leader sud-africain est né en 1918, dans la famille royale des Thembu. Il n’était alors qu’un petit campagnard du Transkei. Puis, en 1944, il ouvre le premier cabinet d’avocats noirs d’Afrique du Sud et devient un des principaux responsables de l’ANC (Congrès national africain). Très vite, il participe à la lutte contre les lois de l’apartheid mises en place par le gouvernement du Parti national.

En 1960, son action est freinée : le gouvernement interdit l’ANC. Nelson Mandela décide donc de fonder la branche militaire du parti, « Umkhonto we Sizwe ». Il y mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires. Mais il est arrêté par le gouvernement et sera condamné à la prison à perpétuité après le procès de Rivonia. Commencent alors les longues années de travaux forcés. D’abord dans une carrière de chaux, puis au ramassage du guano avant d’atterrir à la prison de Pollsmoo. Après 27 ans d’attente, mais aussi d’espoir et de luttes, Mandela est relâché le 11 février 1990 sous la volonté de F.W. de Klerk.

« Premier président noir »

Dans les années 1980, le régime d’apartheid, bousculé par la résistance noire et étranglé par les sanctions économiques, n’aura d’autre issue que la négociation. Nelson Mandela sera « l’homme clef » pour sortir son pays de l’impasse de quarante années d’apartheid et de domination blanche.

Après sa sortie de prison, il évite une guerre civile entre les partisans de l’apartheid et ceux de l’ANC. Nelson Mandela devient ensuite le premier président noir d’Afrique du Sud en 1994. Il mène avec succès une politique de réconciliation nationale entre blancs et noirs et de lutte contre les inégalités économiques. Son long chemin vers la liberté sera décrit par son peuple comme une « condition de l’humanité ».

A la fin de son mandat, il se retire définitivement de la vie politique.

Marine ROSSETTO