Le mariage gay fait débat

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La Cour de cassation a saisi mercredi le Conseil Constitutionnel sur la question du mariage homosexuel. La France interdit le mariage entre deux personnes de même sexe tandis qu’un grand nombre de pays l’ont déjà accordé. Maëlle, 24 ans, est homosexuelle et désapprouve cette interdiction. Un curé d’une église chrétienne niçoise, qui souhaite rester anonyme, explique pourquoi il est contre cette légalisation.Voici un débat, toujours d’actualité et toujours polémique. Pour Maëlle, le mariage est le symbole par excellence de l’amour : « Je pense que lorsque deux personnes s’aiment, ils doivent pouvoir s’unir de cette façon. De plus, le mariage reste quelque chose de grand. Toute fille rêve de se marier. » Mais cette vision romantique de la chose n’est pas au goût de tout le monde. « C’est une question d’éthique et de biologie. Le mariage ne peut pas être célébré entre deux personnes du même sexe car elles ne peuvent pas concevoir. » explique le prêtre. La jeune fille semble comprendre ce type de réaction. « Lorsqu’il s’agit du mariage religieux, le débat est plus délicat. Je suis moi-même croyante et cela ne m’empêche pas d’être homosexuelle. Mais je comprend plus ou moins la réticence l’Église. Je sais qu’il y a des règles. Pourtant, j’aimerais me marier religieusement. Aujourd’hui, il faut aller en Suède pour le faire.» déclare-t-elle.

Un dialogue de sourds

Le porte parole de Dieu reste perplexe et justifie son incompréhension face à l’union entre deux personnes du même sexe : « Je ne comprends pas pourquoi ils ont besoin du mariage. Je les respecte et je n’ai rien contre le fait que deux hommes ou deux femmes soient attirés l’un envers l’autre et passent leur vie ensemble.  »

La jeune adulte avait pensé au mariage dans une de ses relations. L’importance de cette union, pour elle, n’est pas que symbolique. «Le sujet du mariage est déjà venu sur la table. La seule solution qu’on ait trouvé, c’est d’aller en Espagne ou en Belgique. Le problème, c’est que si on se marie dans un pays étranger, le mariage ne sera pas légalisé en France. »

La jeune femme voit en cet acte le côté aussi bien symbolique que pratique : « Le mariage apporte certaines aides qui ne sont pas négligeables. Dans notre cas actuel, on garde le statut de célibataire auprès des associations »

Pour ce prêtre, la continuité de la vie passe avant tout par le mariage : « Si on les marie, on sait qu’ils ne pourront pas avoir d’enfant ensemble. C’est là le réel problème. Lorsque deux personnes se marient, ils doivent pouvoir donner la vie. Ce n’est pas qu’une question d’homosexualité. Dans un mariage chrétien, si deux personnes hétérosexuelles se marient mais ne peuvent pas avoir d’enfant, le mariage est nul.  »

Une discrimination de plus

Cette interdiction peut être ressentie comme de la discrimination par les personnes homosexuelles. « Je connais plusieurs couples qui ont réussi à vivre tout à fait normalement, comme un couple hétérosexuel. Mais il y a toujours des désavantages, c’est là que se pose le problème. Nous sommes défavorisés à certains niveaux, mais on doit faire avec. »

Le curé, lui, n’y voit aucune discrimination : « J’accepte les homosexuels dans mon Église sans problème. Ce sont des enfants de Dieu. Ils peuvent venir à la Messe ou à la chorale, ils sont les bienvenus. » Mais il reste tout de même sur ses positions : « Je reste contre cette légalisation. Si elle se fait, je continuerais à refuser de marier les personnes du même sexe.  »

Et le PACS ? Il permet aux homosexuels une union qui se rapproche plus ou moins du mariage. « Vous avez le PACS, pourquoi vouloir le mariage ? », c’est ce demandent régulièrement les proches de Maëlle. « Ils ne comprennent pas la différence entre ces deux engagements. Le PACS doit être renouvelé tous les 5 ans et on peut le faire entre amis, c’est beaucoup moins romantique. Le mariage reste le symbole de l’amour. Je pense que, si je ne peux pas me marier, je ne me pacserais pas  » avoue-t-elle.

Mariage à l’église, à la mairie ou PACS, le problème reste le même pour cet abbé : « Si on commence à accepter le mariage entre personnes du même sexe, vous imaginez où en sera l’humanité dans 10 000 ans ? Il n’y aura plus d’enfants ! Donc oui, je suis contre le mariage gay mais j’insiste sur le fait que je respecte ces personnes là.  ».

Céline GALBRUN