Le MAMAC joue avec le feu et l’étrange

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Le MAMAC présente actuellement, du 9 février au 26 mai, deux expositions, «La quatrième dimension» et «La nature des choses». Depuis deux mois, 21 000 visiteurs ont franchi les portes du musées. Un succès retentissant !

Bienvenue dans «La quatrième dimension», ici règne une ambiance toute particulière. Un milieu étrange et surnaturel. La pièce est entièrement plongée dans la pénombre. Dans un vacarme industriel, mélangé à des bruits de grenouilles et de cloches, les visiteurs auront l’impression d’être hors du temps. Sur les murs sont projetées des vidéos de paysages, de biches, de tourne disque et de films à l’américaine. Pas de pause, les éléments tournent en boucle. Les quatre artistes, Julien Crépieux, Stéphane Graff, Laurent Grasso et Bertrand Lamarche se sont inspirés d’une série américaine de science-fiction «The twilight zone». L’objectif, plonger le public dans des moments de la vie quotidienne et le basculer dans le surnaturel grâce au pouvoir de l’imagination et du suspense. Les créateurs n’imposent rien. Chaque visiteur est libre d’imaginer et de se projeter dans des mondes lointains.

Exposition « la quatrième dimension », oeuvre de Laurent Grasso ©KV

 Un public partagé

Colombe, mère au foyer, déambule, puis fixe son regard sur une œuvre. «J’essaye de comprendre même si de prime abord on ne saisit pas le message essentiel. Les artistes nous invitent ici à la réflexion.» Elle marque une pause, observe et ajoute «Laurent Grasso nous montre des paysages d’apparence paradisiaques et sereins, mais on remarque qu’il y a toujours un petit détail qui fausse tout». En effet sur la vidéo un sous-marin vient perturber la tranquillité du décor. Au fur et à mesure, des éléments de guerre apparaissent, le trouble se ressent. Gervasio, Italien et artiste mosaïque n’est pas du même avis. «Je ne suis pas réceptif à ce genre d’art, d’habitude je viens pour trouver des idées, mais là ça ne m’inspire pas du tout». Emilie, elle «s’est prise au jeu» comme elle l’affirme. «C’est plutôt sympa, rigolo et j’aime cette atmosphère surnaturelle». Une exposition qui ne manque pas de faire réagir.

Exposition « la nature des choses » de Bernard Aubertin ©KV

« La nature des choses » selon Bernard Aubertin

Bernard Aubertin est un artiste qui aime jouer avec le feu. Son œuvre majeure est un cercle de bois sur lequel sont collées verticalement plus d’une centaine d’allumettes. Lors de l’inauguration, en février dernier, l’artiste a fait flamber à son chef d’oeuvre. La pièce du musée porte encore les traces de l’incendie. «Les gens se posent beaucoup de questions, ils observent de près et ils vont même jusqu’à sentir» explique la gardienne. Bernard Aubertin s’amuse avec les flammes et crée des œuvres innovantes, un livre aux pages brulés, des tableaux carbonisés et bicolores. Aubertin est aussi un peintre. Il aime en particulier les tableaux monochromes. Influencé par Yves Klein est ses tableaux bleu électrique, lui choisit le rouge, l’or et la blanc car les couleurs restituent selon lui «l’essence dynamique du monde». Monica et Lars sont Suédois tous les deux et découvrent pour la première fois le musée, l’artiste et ses œuvres. «Nous aimons beaucoup ses couleurs, elles sont vives et leur assemblement est magnifique. Les tableaux composés de clous nous ont aussi beaucoup plu». Après les clous, le MAMAC passera au bois. Une installation impressionnante de plusieurs mètres, faite de planche de bois fines, blanches et oranges fluorescentes. Le vernissage est prévu le 19 avril, le rendez-vous est donc pris.

Kelly Vargin

Le vernissage de cette future exposition aura lieu le 19 avril au MAMAC  ©KV