Le journaliste pris dans la toile

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Alerte au séisme. Le journalisme connaît une nouvelle secousse. Après la radio et la télévision, au tour du Web de révolutionner la profession. En 15 ans, le média est devenu incontournable, les rédactions spécialisées ont fleuri. Derrière son écran, du bout du clavier, le journaliste des temps modernes est aussi sur Internet. Un journaliste aux habitudes bouleversées.

Savoir tout faire

« Polyvalence » est devenu le maître-mot. Sur le Web, pas de spécialisation. Textes, images, vidéos, sons, mise en forme… Le « journaliste 2.0 » sait tout faire.

Sur Internet, les possibilités sont nombreuses. Pour exploiter la toile, pas de secret : il faudra filmer, prendre le micro, être photographe et savoir publier soi-même ses articles. En un mot, être « multisupport ».

Le Web, lui-même, bénéficie d’outils spécifiques qu’il faut connaître. Cartes, images interactives, timelines, couvertures en direct d’événements… Les alternatives sont légions. Maîtrisées, elles permettent de donner un nouveau point de vue, pour régulièrement surprendre le lecteur.

Être réactif

Il peut bien être au bout du monde, le lecteur n’aura jamais été aussi proche de la rédaction.

Depuis toujours, l’interactivité fait partie intégrante d’Internet et le journalisme n’y échappe pas. Sous chaque article, les commentaires permettent à chacun d’interpeller directement son auteur. Une réaction directe, rarement modérée, qui bouleverse, à sa manière, les habitudes rédactionnelles. Le « journaliste 2.0 » se doit d’être réactif.

Si, dans n’importe quel autre média, la publication est sans retour en arrière possible ; sur Internet, la mise en ligne n’empêche pas les modifications. Ancré dans l’actualité la plus instantanée, un article-Web n’est jamais achevé. Son auteur, lui-même, n’a jamais fini de travailler. Pour répondre à la demande des lecteurs et accompagner le flux constant d’information, le journalisme-Web doit pouvoir modifier son article à toute heure, n’importe où.

Se démarquer

Rien d’étonnant quand Médiapart, un « pure player », révèle l’affaire Cahuzac ayant précipité la démission, la semaine dernière, du ministre du même nom.

Pour les rédactions-Web, le modèle économique est encore fragile. Contrairement aux journaux papiers et chaînes de télévision, rares sont les « pure players » qui réussissent à vivre de la publicité. Il faut, dès lors, comme Médiapart ou Arrêt sur images, proposer un abonnement payant à ses lecteurs. Une alternative risquée qui demande des efforts particuliers d’investigation aux journalistes de la rédaction. Pour que le lecteur accepte de payer son information sur internet, il faut que celle-ci ne soit accessible nulle part ailleurs. C’est une question de survie du média : le « journaliste 2.0 » doit réussir à se démarquer, toujours proposer des informations originales.

Se socialiser

Depuis plusieurs années déjà, fleurissent sur Twitter, Facebook, Instagram et ailleurs, les comptes des rédactions et de leurs journalistes. Souvent personnels, ils n’en sont pas moins un outil professionnel. Il n’est plus rare que les rédactions-Web demandent à leurs journalistes de faire la publicité de leurs articles auprès de leurs « followers ». Pour que la démarche soit efficace, la recette est simple : il faut « réseauter », le plus tôt possible, pour déjà accumuler les « suiveurs » mais, et surtout, intéresser.

Maxime Raton


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