Le Hobbit : pour les spectateurs, pas pour les lecteurs

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J.R.R. Tolkien, une littérature pour passionnés

Le deuxième volet de la trilogie Bilbo le Hobbit sort mercredi au cinéma. Une réussite en demi-teinte en dehors des salles obscures. Les livres de Tolkien ont du mal à conquérir de nouveaux lecteurs alors que les produits dérivés des films se vendent comme des petits pains.

Les goodies, des cadeaux pour tous.

Bilbo est né des livres de Tolkien, il y a plus de 70 ans. Une réalité souvent oubliée à cause du cinéma. Alors que les films de Peter Jackson ont un succès phénoménal, les œuvres de l’écrivain sud-africain sont principalement prisées par des fans de fantasy. Stéphane, vendeur à la libraire Jean Jaurès à Nice confirme : «  Les livres du Seigneur des Anneaux ou du Hobbit attirent un public averti. Ceux qui n’aiment pas le Heroïc fantasy ne seront jamais attirés par ce genre de roman ». Malgré ce constat, le libraire affirme que les lecteurs rajeunissent. Ils s’orientent tout d’abord vers des livres plus abordables, avant de se tourner vers des œuvres plus complexes telles que celles de Tolkien.

Stéphane continue d’expliquer d’où provient la passion des histoires épiques. « Ce sont les produits dérivés qui se vendent le mieux. Ils contribuent à l’engouement et à l’attrait du public. Malheureusement, les livres sont souvent délaissés. »

Les produits dérivés, un bilan contrasté

Les goodies, produits dérivés, ont le vent en poupe. Fabien, gérant de la boutique Alpha BD confie « En cinq mois, je n’ai pas vendu un seul anneau unique. Là, en un mois j’en ai déjà vendu cinq, il va falloir refaire les stocks ». Les produits dérivés se vendent bien. La sortie de Bilbo ne change pas beaucoup les ventes. « Les gens viennent surtout pour les cadeaux de Noël. Le reste du temps il y a peu de monde qui achète des goodies » continue d’expliquer le gérant de la boutique. Ces produits se vendent entre 12 et 330 euros.

Contrairement aux goodies le jeu de rôle Bilbo intéressent moins. Tout comme les livres, seuls les afficionados y prêtent attention. « Les jeux de rôles sont destinés principalement aux adultes, à cause de règles souvent compliquées », déclare Jean-Sébastien, vendeur dans la boutique JSST.

Le septième art démocratise l’univers fantastique. Mais ne donne pas envie d’aller plus en profondeur. Le vendeur raconte: « La télévision attire les non-initiés, Game of Thrones en est le parfait exemple. Tous les jeunes se sont rués sur ces jeux alors qu’ils existaient depuis une dizaine d’années. ». Les livres et jeux de plateaux sont oubliés au profit des écrans et jouets, beaucoup plus accessibles

Justine Gauthier, Dume Vitali