Le don de moelle osseuse à l’épreuve des préjugés

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Mal connu et redouté, le don de moelle osseuse peine à séduire les Français, contrairement au don du sang.

L’hématologue Lionel Mannone en mission de sensibilisation à la Faculté de Médecine de Nice, le mardi 8 avril 2014.
Crédit photo : Mathieu Presseq.

Contrairement au don du sang, le don de moelle osseuse ressemble davantage à une promesse qu’à une action immédiate. « Le don de sang, c’est quelque chose qu’on fait : on y va et on est prélevé. Alors que pour le don de moelle osseuse, on s’inscrit sur un fichier et on n’a pas énormément de chances d’être appelé », explique Lionel Mannone, hématologue au CHU de Nice.

Un don effrayant

« Les gens ont peur car ils confondent moelle osseuse avec moelle épinière. Ils pensent qu’on va leur prendre quelque chose dans leur colonne vertébrale », déplore Jean-Claude Dispensa, inscrit depuis sept ans sur le registre des donneurs de moelle osseuse. Il y a deux ans, « sa chance sur un million » s’est manifestée : une personne dans le monde était compatible. A Nice, sur les 5.600 inscrits, seules six personnes ont effectué un don au cours de l’année dernière.

« Il y a cette peur d’avoir mal mais pour moi, tout s’est bien passé. J’ai été prélevé dans le bassin, sous anesthésie. Deux jours après, je retravaillais », avoue cet ingénieur de formation. Pourtant, Lionel Mannone prévient toujours ses patients que le don de moelle osseuse n’est pas un acte anodin : « il faut pouvoir supporter une anesthésie générale plus un prélèvement dans l’os du bassin par de multiples ponctions osseuses légèrement douloureuses ».

Il existe une alternative à cette méthode, consistant à stimuler la moelle osseuse avec des médicaments. Mais là non plus, le risque zéro n’existe pas : « cela peut provoquer une leucémie ». Enfin, les donneurs sont soumis à des critères de sélection très stricts. Le donneur doit être en bonne santé. Mais il doit également répondre à des critères de poids : ni obèse ni trop maigre. Et n’avoir aucun antécédent de chimiothérapie.

La solution de l’échantillon salivaire

Il y a quelques années, pour s’inscrire sur le registre des donneurs, il fallait se rendre à l’hôpital, prendre rendez-vous et faire une prise de sang. Aujourd’hui, les choses sont différentes et plus rapides. Un échantillon salivaire suffit à se faire une première idée. Et la communication a été revue. Plus dynamique, vivace et présente sur tous les fronts. Un outil important pour s’émanciper des idées reçues sur l’acte du don.

Paul Delpuech et Mathieu Presseq