Le coup maladroit de Roselyne Bachelot

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Sur le plateau du Grand 8, l’ancienne ministre des Sports, Roselyne Bachelot a accusé Rafael Nadal d’avoir prétexte une blessure pour dissimuler un contrôle anti-dopage positif. Un débat est aujourd’hui lancé autour de la véracité de ses propos. 

Rafael Nadal et Roselyne Bachelot, ou le clash improbable. C’est l’ancienne ministre sous Nicolas Sarkozy, aujourd’hui chroniqueuse qui a lancé la polémique. D’après elle, la blessure contractée au tendon du genou gauche par l’Espagnol en 2012 est un simple prétexte pour masquer un contrôle antidopage positif. Des accusations que le cinquième joueur mondial ne digère pas. « Je sais combien j’ai dû travailler dur pour en arriver là. Je ne peux pas pas accepter des commentaires d’une personne qui se doit d’être sérieuse, car elle était ministre dans un grand pays. »

Le dopage chez les sportifs est un sujet sur lequel le Docteur Yves Jacomet, spécialisé en addictologie à l’Hôpital l’Archet à Nice est intraitable. Et selon lui, « inventer une blessure pour cacher un test positif est fréquent, mais Nadal dopé, je n’y crois pas un seul instant, affirme-t-il avant de justifier son analyse. Sur le plan musculo-squelettique, l’Espagnol est une exception. Il a une ossature naturelle très musclée donc forcément très fragile. Ce genre de blessure est fréquent avec de tels joueurs. Elle est même logique. Il faut prendre en compte le fait qu’il joue très souvent, qu’il est constamment à la recherche de la performance. » Mais l’expert en toxicologie apporte tout de même une nuance. « Un sportif dopé est forcément plus fragile des tendons, c’est une certitude. Chez ceux qui prennent des anabolisants par exemple, on observe un sérieux développement des muscles mais pas des tendons. Alors, ils sont logiquement moins résistants face à l’importance de la masse musculaire. »

« Sa seule drogue, c’est le travail »

Seulement, Roselyne Bachelot n’a fait que divulguer une rumeur qui certes, est souvent revenue dans les médias mais dont l’authenticité n’est pas réellement vérifiée. C’est la raison pour laquelle la chroniqueuse est aujourd’hui critiquée. « C’est trop facile de dire qu’il est arrêté à cause de cela lance Pascal Albuixech, le directeur du Tennis Club Gallieni à Fréjus. Mme Bachelot était tout de même Ministre des Sports alors peut-être qu’elle a des informations mais dans ce cas-là, qu’elle les dise et qu’elle aille au fond du problème. Mais on ne peut pas se permettre de dire une chose aussi grave avec des arguments aussi évasifs. » Pierre Albuixech, le co-directeur de l’Open de Nice a eu l’occasion de croiser le Majorquin : une anecdote racontée par son frère, Pascal. « Sa seule drogue, c’est le travail. Mon frère l’a vu faire des exercices à 6h du matin. Il s’inflige une dose de travail incroyable… »

Et avec tout les moyens mis en place aujourd’hui, dissimuler un contrôle antidopage positif et échapper au sanction est presque inenvisageable. « Cela me paraît impossible assure Pascal Albuixech. Peu importe qui il est. On a appris que l’icône du tennis féminin Maria Sharapova avait été contrôlé positive et va prochainement être sanctionné par l’ITF, alors pourquoi Nadal aurait-il un traitement de faveur ? » Souvent accusé de dopage, Rafael Nadal ne devrait cette fois pas laisser passer cela puisqu’il a affirmé vouloir « poursuivre en justice Roselyne Bachelot et à l’avenir, poursuivre tous ceux qui feront des commentaires similaires. »

Quentin Ortega