Le calvaire de la discrimination professionnelle masculine

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Sage-femme, femme de ménage, auxiliaire de puériculture, esthéticienne… Tous ces métiers à connotation féminine ont tendance à exclure les hommes de leurs rangs. A Nice, jusqu’à jeudi, la Semaine du genre pointe du doigt les discriminations. Y compris celles qui touchent la gent masculine. « Les hommes sont autant victimes de discrimination professionnelle que les femmes, sauf que personne n’en parle. » Karine Brutelle est à l’origine de la Semaine du genre, à Nice. Jusqu’à jeudi, elle compte traiter les inégalités entre les sexes, même quand la victime est un individu au chromosome Y. Invisible dans notre société, le phénomène est impossible à quantifier, mais existe bel et bien.

« Si vous ne rentrez pas dans les cases, vous êtes discriminés », ajoute Anne-Gaëlle Bauchet, l’autre organisatrice de l’événement. Chaque catégorie professionnelle est stéréotypée. Ainsi, un directeur général se doit d’être viril et grand. Si le postulant ne présente pas ces atouts, il a peu de chance d’être retenu. Au même titre qu’un homme efféminé sera catégorisé comme peu apte à décrocher un poste dit masculin.

Encore moins bien traités que les femmes ?

Les métiers à tendance féminine peinent aussi à engager des hommes. « Les préjugés nous conditionnent à croire que les métiers de la petite enfance ou de l’entretien seront mieux effectués par la gent féminine », analyse André Rauch, auteur de l’Histoire du 1er sexe.

Certains hommes parviennent à franchir ces barrières. C’est le cas de Benjamin*, auxiliaire de puériculture à Nice. Malgré un emploi stable, le jeune homme doit encore se battre contre les idées reçues. « Mes collègues me posent des questions sur mon rapport aux femmes. A l’extérieur de mon métier, c’est le sous-entendu pédophile qui est palpable », explicite-t-il. Karine Brutelle regrette ce traitement. « Les hommes ont encore moins de liberté que les femmes, parce qu’ils n’ont aucun recours », conclue-t-elle.

Fiona Ipert

*Le prénom a été changé sous demande de la personne interrogée.