Laurent Mauduit : les promesses perdues du président Hollande

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Alors que les revers s’accumulent pour François Hollande, la Cour des comptes vient de porter un nouveau coup à ses promesses électorales : le déficit public ne sera pas ramené à 3% du PIB. A l’occasion de l’Assemblée sur l’ « argent et l’éthique » organisé à Nice par « Marianne », Laurent Mauduit, journaliste à Mediapart et chroniqueur à Marianne, nous livre un constat sans appel des promesses perdues du président socialiste.

« Mitterand nous avait fait rêver et même si ça n’a duré qu’un an, on y a cru », sourit Laurent Mauduit qui enchaîne : « Hollande, lui, ne nous a pas laissés espérer ». Aucune augmentation significative du SMIC, une classe ouvrière laissée à l’abandon tandis que la capitulation contre la finance a été la solution privilégiée, depuis son élection.

Le réveil est d’autant plus douloureux que les promesses étaient belles et de gauche. Passage en revue avec le journaliste Laurent Mauduit des engagements phares du candidat François que le président Hollande, lui, a oublié…

DÉFICIT À 3% DU PIB :

« Je suis l’un de ceux qui avait écrit dès le départ que cet objectif était inatteignable. Même Hollande n’y croyait pas. Au départ, le programme socialiste voulait que cette réduction se fasse en douceur. L’objectif devait être atteint pour 2014-2015 ». Pour gagner, François Hollande a ressenti le besoin de s’aligner sur son concurrent d’alors, Nicolas Sarkozy. Trop pressé, il a précipité la France dans la rigueur. « Lui qui voulait faire payer les riches et épargner les pauvres, n’a réussi qu’à instaurer une loi inefficace sur les 75% d’imposition pour les plus fortunés et a forcé les classes ouvrières et moyennes à se serrer la ceinture ».

SÉPARATION DES ACTIVITÉS BANCAIRES :

C’était une autre mesure emblématique. La séparation entre les activités de dépôt et les activités spéculatives des banques « ne se fera probablement jamais ». Celui qui avait clamé lors du discours du Bourget qu’il ferait la guerre à la finance, a rapidement plié sous le poids colossal de celle-ci : « Malgré l’alternance, les réseaux financiers oligarchiques restent les mêmes », regrette Laurent Mauduit.

FLORANGE, 24 FÉVRIER 2012 :

« Je me souviens d’un François Hollande, debout devant les salariés Mittal de Florange, qui leur assurait un avenir ». Lui président, il s’engageait à défendre la filière sidérurgique. Lui président, il promettait que si Arcelor-Mittal ne voulait plus d’eux il leur trouverait un repreneur. Lui, maintenant président, est revenu sur ses paroles. Alors qu’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif s’est engagé, en décembre dernier, à nationaliser temporairement le site, le temps de trouver le fameux repreneur, François Hollande le désavoue.

Clarine Baudin et Romain Massa

Crédit photo : Jacques Brinon/AP/SIPA