L’A8 toujours plus chère mais toujours aussi fréquentée

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Des bouchons sur autoroute : une rengaine bien connue des conducteurs azuréens. Crédit photo : gettyimages

                Le ministère des Transports a annoncé hier une hausse du tarif des péages sur l’ensemble du réseau autoroutier. Les Alpes-Maritimes et ses habitants sont particulièrement sensibles à cette annonce. Le réseau Escota s’est affirmé comme une voie de passage incontournable.

Des bouchons sur autoroute : une rengaine bien connue des conducteurs azuréens.
Crédit photo : gettyimages

1,74%. C’est la hausse prévue sur les réseaux autoroutiers du sud-est de la France. Une augmentation qui peut sembler dérisoire mais qui attaque le portefeuille. La 4e portion la plus chère de France, c’est celle reliant Lyon à l’Italie dont l’A8 est partie prenante. Aussi, les sociétés d’autoroutes n’augmentent pas leur tarif à chaque péage. Il s’agit d’augmentations par tranche de dix centimes sur certains des péages. C’est par ce biais qu’en février dernier, le péage d’Antibes a « gagné » vingt centimes, passant à 2,80€ en venant ou en direction de Nice. Escota est souvent montré du doigt. Le discours originel était pourtant attractif : une fois le coût des travaux amortis, ces axes routiers deviendraient gratuits. Aujourd’hui, les prix ne cessent d’augmenter. Il faut bien financer les améliorations du réseau. C’est ce qu’avoue Isabelle Escapin, directeur de la communication d’Escota : « On a dû mettre aux normes tous nos tunnels après le drame du Mont-Blanc. Cela a coûté plus de 450 millions d’euros ». Des rénovations payées par les usagers des autoroutes et non par les contribuables.

Le prix n’arrête pas les automobilistes

                Malgré les augmentations successives, les usagers roulent toujours sur les 460 kilomètres d’autoroutes Escota. Un réseau loin derrière les Autoroutes du Sud de la France (ASF) et leurs 2 300 kilomètres. Pourtant, les « véhicules légers » roulent plus de 6 000 millions de kilomètres par an sur le réseau azuréen. Une aubaine pour la société ? « Pas du tout, répond Isabelle Escapin, les augmentations sont basées sur un plan quinquennal avec l’Etat. Tous les ans, les prix augmentent pour couvrir les frais nouveaux. La prochaine augmentation ne sera connue que fin janvier ». Impossible donc pour elle de commenter l’estimation de 1,74% puisqu’aucune note officielle ne lui est parvenue.

L’autoroute comme obligation

                Si le réseau Escota ne désemplit pas, c’est parce qu’il est incontournable. Christian est étudiant à l’UFR STAPS de Nice et vit à Monaco : « Si je ne prends par l’autoroute, je passe par le centre de Nice, c’est impensable ». Pour épargner, il s’organise comme il peut, « Je fais du covoiturage, mais l’autoroute me revient à 80€ par mois ». Bien sûr l’automobiliste a le choix. Alors, il lui faudra rouler sur la voie Mathis, bouchée aux heures de pointe. La Promenade, quand elle n’est pas fermée, reste une solution de repli. Le capharnaüm de la circulation sur la Côte d’Azur ne cessera jamais. Pour gagner de précieuses minutes en voiture, il faudra payer de plus en plus cher et ce, dès février.

Guilhem Herbert 

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Parti de loin, à tout point de vu, j'essaye de rattraper mon retard, tant bien que mal. Amoureux des Landes, mon département, je n'ai qu'une idée en tête : parcourir la planète pour enfin connaître et comprendre un tant soit peu le monde qui nous entoure. Le rugby et la nourriture sont aussi mes grandes passions. Surtout quand les deux sont associés.