La vie du cinéma dans l’ombre du Festival de Cannes

0
93
Prix François Chalais édition 2013

Le prix François Chalais de Cannes fête sa 17e édition. Au même moment que le Festival de Cannes, cette compétition cinématographique se faufile sur le tapis rouge afin de perpétuer le souvenir, l’esprit et l’audace de l’ancien journaliste. 

Nicolas Henry, responsable des relations publiques pour le Prix François Chalais, le 16 mai 2013 à Cannes. CP. LM

Comme son homologue Cannois, il se déroule du 15 au 26 mai. Comme son (presque) équivalent à la Palme d’or, son prix est remis à Cannes, sur la Croisette, le 26 mai. Et comme son confrère du Théâtre des Lumières, il récompense les réalisateurs. Depuis 17 ans, le prix François Chalais décore les films qui « reflètent au mieux l’état du monde, tout en restant fidèles aux valeurs de François Chalais » explique Nicolas Henry. Le jeune homme est responsable des relations publiques pour l’événement depuis quatre ans. « On pourrait encore améliorer notre visibilité si nous avions un peu plus de budget. »

 Une dizaine de films sont sélectionnés parmi ceux en compétition officielle. Ils sont d’abord jugés sur leurs scénarios. « Après cette sélection, le jury assiste à la diffusion des films. On organise une réunion à mi-chemin et enfin les jurés délibèrent. » Réalisateurs, producteurs ou journalistes composent le jury qui remettra le prix François Chalais au Grand Hôtel de Cannes.

« L’esprit François Chalais »

En 2012, le prix a été remis à Nabil Yaouch pour son long métrage Les chevaux de Dieu qui s’inspire des attentats de Casablanca de 2003. L’année précédente, il est remis à Nadine Labaki pour Et maintenant on va où ? qui traite des rapports interreligieux en Orient. Le choix de ces films reflète les intentions de cette récompense. Appuyer là où ça fait mal. Titiller les sujets sensibles. Exprimer les souffrances du monde. Et le faire sur le tapis rouge du Festival de Cannes. L’esprit François Chalais en somme.

Impertinent, drôle, audacieux, aventurier, plus de 15 ans après sa mort, ce journaliste-reporter reste une figure du journalisme français. Qu’ils soient amis ou détracteurs de l’homme, tous se rejoignent sur un point : il était un grand, très grand, journaliste. «  Là on est chez les poids lourds, pas un gringalet de la pipolerie » fustige le journaliste Bernard Morlino sur la page de son blog consacrée au reporter. Il est notamment célèbre pour son reportage Spécial Vietnam : le Nord vu par François Chalais dans lequel il interviewera un prisonnier américain, nul autre que John McCain, futur candidat à l’élection de la présidence américaine. Pourquoi Cannes ? Le journaliste est aussi connu pour ses interviews sur la Croisette avec notamment « un Alain sur le chemin d’être Delon et une Sofia pas tout à fait Loren », raconte Nicolas Henry, citant le reporter.

Lola Monset