La situation tunisienne préoccupe ses ressortissants

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Les Tunisiens de la Côte dAzur suivent avec inquiétude le mouvement de protestation sociale qui s’est emparé de leur pays. « C’est la première fois que les gens osent se révolter contre le pouvoir ». Installée à Nice depuis plus de trente ans, Fatma ne pensait certainement pas que les rues tunisiennes pouvaient s’embraser aussi rapidement. « Je reçois régulièrement des messages de mes proches qui m’assurent que le chaos n’est pas loin », témoigne l’aide-soignante de 54 ans. Dans les rues du quartier de la Libération, qui abrite une partie de la communauté tunisienne de Nice, le sujet est sur les toutes les lèvres. « C’est la preuve que les Tunisiens n’en peuvent plus du régime actuel », estime Rayane, un boulanger, rapidement contredit par sa femme : « Les Tunisiens n’ont pas à se plaindre de leurs conditions » assure-t-elle. « Il est de bon ton de critiquer le pouvoir, mais son action n’est pas si mauvaise, bien au contraire !».

« La situation économique est au plus mal »

C’est le geste désespéré d’un vendeur ambulant de 26 ans qui est à l’origine de la contestation. Le 17 décembre dernier, après que la police lui ait confisqué sa marchandise, le jeune homme décide de s’immoler devant la préfecture de Sidi Bouzid. Depuis, les émeutes n’ont cessé de s’intensifier. « La situation économique est au plus mal », assure Anis, un homme d’affaire qui passe son temps entre la France et la Tunisie. Pour lui le constat est simple : «Tant que le pouvoir garantit un niveau de vie décent pour tous, les Tunisiens sont prêts à renoncer à leurs libertés, dans le cas contraire… ». La protestation s’empare peu à peu des grandes villes du pays. De quoi nourrir encore plus l’inquiétude grandissante des ressortissants tunisiens.

Hassan Sharouda
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