La route au ralenti

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Avec 109 334 licenciés, soit une augmentation de 3,5% la FFC se réjouit de voir son nombre de licenciés croître. Une augmentation due en grande partie à un véritable effet olympique pour le BMX (+13%) et le VTT (+8%). Quid du cyclisme sur route ?« A notre niveau, c’est une réalité. J’ai onze jeunes en charge, dont huit qui font du VTT » constate Olivier Presse, directeur général du Pôle Espoir de Nice. Selon Charly Bérard (Conseiller Technique Régional en PACA), il faut relativiser ces chiffres : « Oui il y a un engouement depuis deux ans pour ces nouvelles disciplines, après les Jeux Olympiques de Pékin. Mais je n’ai pas le sentiment qu’on soit plus riche en terme de compétiteurs ». Un intérêt qui se traduit d’avantage par un état d’esprit de bien-être et de santé, mais moins en terme de compétition. Cette augmentation, cache une autre réalité, celle du retrait du cyclisme sur route. Olivier Presse observe de plus en plus un environnement défavorable à la pratique de la route : « Ici, circuler au milieu des automobiles est un exercice risqué. Les Azuréens ne sont pas les moins imprudents. »

Une modernisation qui tarde à venir

Pour Charly Bérard , il y a deux façons de voir les choses : « Soit on se réjouit d’avoir d’avantage de licenciés sans aller dans le fond des choses et on se regarde le nombril. Soit on pense comme le journal l’Équipe qui titre : « la France en D2. » Lundi dernier, L’UCI a dévoilé la liste des équipes qui feront partie de la D1. Seule Ag2r – La Mondiale en fait partie. Pour le cyclisme sur route, le problème est donc bien plus profond : « Ça fait vingt ans qu’on veut construire le vélo à partir d’en haut. Et après on s’étonne que le cyclisme français se casse la gueule. On vit sur le passé. » Le CTR de la Côte d’Azur évoque également les difficultés pour organiser des courses : « Les démarches sont très longues et très compliquées. Nous n’avons plus de priorité de passage. Il faudrait que les élus locaux commencent par se donner la main pour nous aider. » Manque de dirigeants et de débouchés après la formation, difficultés pour organiser des courses. Malgré une hausse générale du nombre de licenciés en France, toutes disciplines confondues, la situation actuelle du cyclisme sur route est assez inquiétante.

Martial Hespel