La rigueur venue de l’Est

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Le Monténégrin Savo Vucevic au basket club d’Antibes, le Slovaque Stanislav Sutor au Nice hockey ou encore le Serbe Slobodan Lozancic à la tête du Nice Volley Ball : nombre de clubs azuréens ont opté pour un coach venu d’Europe de l’Est. Avec plus ou moins de réussite au niveau des résultats, ces entraineurs ont toutefois un point commun : leur méthode de travail parfois dure et leur communication précieuse mais quasi inexistante …A la tête du basket club d’Antibes, Savo Vucevic apporte depuis 2007 son expérience et sa rigueur à un groupe jeune et inexpérimenté qui évolue cette saison en Pro B. Très présent dans le club, il a conquis, malgré des résultats décevants cette saison, les dirigeants et les joueurs du club, à l’image du meneur de jeu Justin Ingram : « Savo est un excellent entraineur. Il nous pousse toujours au maximum de nos retranchements. Il souhaite que nous exploitions au mieux notre potentiel et il nous encourage pour cela, quitte à parfois être très dur dans ses paroles. Il n’a qu’un seul objectif : que chaque joueur s’épanouisse au maximum et que l’équipe obtienne les meilleurs résultats possible » explique l’Américain.

Même son de cloche au Nice Hockey dirigé par le Slovaque Stanislav Sutor. Au club depuis plusieurs années, le coach gère d’une main de fer son effectif et participe également à la formation dans le club. Du haut de son 1,69m, il impressionne pourtant tout son effectif : « Je respecte énormément Stan. Sa connaissance du hockey est considérable et pour des jeunes joueurs comme moi, côtoyer ce genre de personne est plus que bénéfique. J’apprends beaucoup à ses côtés. Sa principale qualité est également son principal défaut : sa rigueur venue de l’Est. Il ne nous ménage pas. Il veut de la discipline et nous fait vraiment travailler dur » explique Kévin Fouassier, gardien remplaçant issu du club.

Un manque de communication évident…

Si les qualités sportives des coachs sont reconnues par tous, les résultats ne sont pourtant pas à la hauteur cette saison. En effet, les trois clubs visent le maintien dans leur championnat respectif. Antibes n’est que 15e de Pro B, Nice est avant dernier de 1ère division en volley et les hockeyeurs occupent la 8e place du championnat de France.

Les mauvais résultats pourraient en partie s’expliquer par le manque de communication entre les entraineurs et l’effectif. C’est en effet la principale raison évoquée par la majorité des joueurs, quelque soit le sport : « J’ai énormément de respect pour Slobodan Lozancic. Il nous apporte quelque chose de nouveau cette saison, notamment au niveau tactique. Mais son plus gros défaut est son manque de communication avec les joueurs. On ne l’entend que trop rarement lors des entrainements. C’est dommage car ses conseils sont toujours avisés » explique le capitaine du Nice Volley Rémy Kraska.

Même constat au Nice hockey en ce qui concerne Stanislav Sutor. « Son plus gros défaut ? Il ne prend jamais la parole devant le groupe. Il est avec nous sur la glace, il analyse, il voit tout … mais c’est son adjoint qui parle. Il n’y a aucune discussion directe entre lui et nous, je trouve cela dommage. Il ne nous fait pas assez partager son savoir et sa grande expérience du hockey » regrette Aurélien Macon, attaquant des « aigles ».

Savo, Stan et Slobodan apportent une culture nouvelle aux clubs de la région azuréenne. Malgré des classements mitigés, aucun d’entre-eux n’est pour le moment menacé. Preuve que l’aspect humain est parfois plus important que les résultats sportifs…

Pierrick Manin