La razzia Hemingway : « Paris est une fête » en rupture de stock

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Vu comme le livre-symbole de l’après-attentats « Paris est une fête » d’Ernest Hemingway est en rupture de stock. Après avoir été numéro 1 des ventes en ligne et en librairies, 15 000 exemplaires sont actuellement en réimpression. À Nice, les librairies ont été assiégées.

Sur les têtes de gondoles de la librairie Masséna, pas d’Hemingway. Ou plutôt, plus d’Hemingway. Il y a toujours ces auteurs à succès, entassés en masse, presque poussiéreux : Joël Dicker, Guillaume Musso ou Marc Lévy. Les clients les regardent sans trop les voir. Ils passent de rayons en rayons, de couvertures en couvertures, peut-être à la recherche de ce roman qui semble avoir disparu de la surface de la terre. « Paris est une fête » a été dévalisé. « On ne le vendait pas vraiment avant les attentats. Depuis, les quelques exemplaires que l’on avait sont partis. On a pas arrêté de nous le demander, seulement, il est en rupture de stock partout alors l’éditeur a lancé une réimpression » déclare Jean-Marie Aubert, directeur de la librairie. Les yeux sur son écran, il gère les dernières demandes. Ils sont une quinzaine à avoir commandé le fameux roman. Alexandra est l’un d’eux, elle l’a cherché partout : « J’ai fais toutes les librairies en ligne et celles près de chez moi. Partout c’est la rupture. Là je le commande, au moins, je suis sûre de pouvoir enfin le lire ».

Cette nouvelle célébrité, feu Ernest Hemingway la doit à Danielle, parisienne de 77 ans. L’interview faite devant un mémorial à Paris lundi dernier a été largement partagée sur les réseaux sociaux. Elle a inspiré la France à se pencher sur le bouquin : « C’est très important de voir, plusieurs fois, le livre d’Hemingway, ‘‘Paris est une fête’’, car nous sommes une civilisation très ancienne et nous porterons haut nos valeurs » expliquait-elle. Une civilisation ancienne décrite par l’auteur dans le roman évoqué. L’histoire, plus autobiographique que fiction, dépeint la jeunesse du journaliste à travers un Paris des années 20, peu cher et à l’allure d’idéal. Seulement pour Françoise, directrice du rayon romans de la FNAC, les Français se font avoir : « Tout le monde ne jure que par le titre et la couverture. Hemingway décrit sa vie d’artiste, son couple, ses rencontres, ses amis, sa façon de travailler. Paris n’a qu’un rôle secondaire, ce n’est pas dans ce roman qu’on en apprendra sur la ville ou qu’on lui rendra hommage ». Déposé aux côtés de fleurs et bougies aux quatre coins de la capitale, le roman est pourtant devenu le symbole de l’après-attentats du vendredi 13 novembre.

Charlène Guidarini

(DR image : lalibe.be)