La prime part à la casse

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Il ne reste plus qu’un mois pour profiter de la prime à la casse. En place depuis deux ans, cette aide gouvernementale aura été un vrai plus pour le marché automobile. Sa disparition suscite quelques craintes chez les concessionnaires niçois.« Les gens sont parfaitement informés ». Bruno, vendeur chez Toyota, tire un constat simple : les clients connaissent exactement les ristournes dont ils peuvent bénéficier. Dès lors, le travail du concessionnaire n’est plus le même. « Ce n’est plus un travail de ventes car nos marges de manœuvre sont trop limitées », constate le professionnel.

La prime à la casse, mise en place en décembre 2008, a eu un effet bénéfique sur les ventes de véhicules neufs avec une hausse de 13% la première année. Olivier, employé chez Renault, confirme la bonne tenue de son chiffre d’affaires malgré un exercice 2010 difficile pour l’ensemble des constructeurs :« Nous avons réussi une bonne année. La prime à la casse booste indéniablement les ventes ».

Chez Ford, on tempère quelque peu l’enthousiasme lié à l’aide du gouvernement. « C’est un petit coup de pouce mais la fréquentation de la concession reste relativement stable », explique un vendeur de la marque. L’acquisition d’une voiture demeure un investissement important que certains Azuréens ne peuvent pas se permettre. Pas question d’acheter une nouvelle voiture sans prime à la casse pour Jacques, futur acquéreur d’un véhicule neuf. « Entre ma vieille voiture, le modèle que je désire et les promotions, je vais avoir une ristourne de 4 400€ sur une voiture qui coûte 15 000€ », s’enthousiasme-t-il. Comme la majorité des clients, il se tourne vers un modèle dit basique afin de profiter au maximum des prix avantageux.

L’année 2011 sera difficile

Les constructeurs avaient annoncés 2010 comme une période laborieuse. Ils redoutent désormais la disparition de la prime. « Après une bonne année, celle qui suit est difficile. Le marché automobile est cyclique », explique Bruno. « Quand on leur retire un avantage, les gens ne viennent plus, c’est normal. C’est à nous de compenser ce manque ».

« On fait suffisamment d’efforts comme ça » s’emporte en revanche un vendeur de chez Honda que cette perspective n’enchante guère. Les commerciaux craignent de ne plus pouvoir proposer des prix aussi avantageux : « On ne pourra plus être aussi compétitif mais ça sera pour tout le monde pareil. On est tous dans la même situation ».

Verdict fin 2011 pour savoir si, vraiment, quand la prime passe, le marché trépasse.

Romain Renner et Virginie Paoli