La peinture tâchée de François Pochulu

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L’exposition Sur les traces de la spiritualité accueille les Niçois jusqu’au 30 janvier au Centre d’Animations et de Loisirs Notre-Dame. Deux artistes sont présentés : François et Auré Pochulu, grand-père et petite fille. Le premier décrit son art conceptuel.

A Nice, les peintres François et Aurélie Pochulu présentent leur exposition Sur les traces de la spiritualité. « C’était l’idée de ma petite-fille » confie François Pochulu. L’artiste a plutôt l’habitude de rester dans l’ombre. Cette fois, il a accepté de suivre sa petite fille dans cette aventure. Pour « harmoniser l’ensemble« , le sculpteur s’est autorisé quelques écarts aux œuvres d’Auré en rajoutant des éléments propres à son style. Originaire du Pays Basque, François vit à Nice depuis les années 60. Véritable amoureux de l’art, sa passion remonte à son enfance. Il raconte : « à l’époque j’échangeais mes dessins contre deux pièces pour aller au cinéma« .

Les tableaux du peintre sortent de l’ordinaire. Son style se définit hors du système classique. Les nombreux matériaux s’articulent entre eux. Ils sont le témoin des assauts du temps. Les cadres créés par l’artiste incarnent selon lui « le manteau d’une peinture, la toile reprend de la valeur aux yeux des gens« . Ses toiles en relief posées sur du papier de soie, peintes de mille couleurs sont agrémentées de sublimes bordures en écorce d’arbre. Inspiré par la côte niçoise et grand promeneur, il repère, observe les paysages, nuages et voiliers. Une fois dans son atelier, François retranscrit sur toile son regard artistique de la capitale azuréenne. Il peint de grandes étendues de mer, d’où sa fameuse « note bleue« . « Chaque oeuvre me demande un mois et demi de travail. Je le cède pour environ 3000 euros » explique t-il.

Le message d’une société à la dérive

Actif dans le milieu social, il est responsable d’un groupe de parole dans une prison. Chaque jour, il côtoie des personnes victimes d’addictions à l’alcool, la drogue ou encore aux jeux. Cannettes de bière, capsules de bouteilles utilisées dans ses peintures délivrent son message : « je veux amener les hommes à réfléchir sur ces problèmes de société. Certaines personnes en meurent. C’est très grave. Cela me tient à cœur« .

Amoureux de la nature, la protection de l’environnement représente pour lui un enjeu majeur pour l’avenir des futures générations. La présence de matériaux « déchets » appuie sa vision de notre consommation à outrance.

Marine Gonthiez

Coralie L’Enfant