La justice court-circuite la e-cigarette

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Après la décision du tribunal de commerce de Toulouse, prise hier, les vendeurs spécialisés en cigarettes électroniques déchantent. Les ventes de ce produit faites hors du réseau des buralistes pourraient être considérées comme une « concurrence déloyale ».

Amertume. Point d’autre mot pour exprimer ce que ressentent le vendeurs de cigarettes électroniques, après le jugement rendu hier. Le tribunal de commerce de Toulouse a condamné un commerçant, propriétaire de la boutique « Esmokeclean » spécialisée dans le commerce de e-cigarette, à fermer boutique. L’homme a fait appel, le jugement est suspendu jusqu’au prochain procès mais c’est tout une profession qui tremble. 2500 emplois sont menacés en France.

« J’ai la haine… »

Nathalie Bourgogne est vendeuse de e-cigarette à Nice. Dans sa petite boutique, située rue Barla, elle fulmine contre une décision qu’elle juge injuste :

« Ce n’est pas croyable ! Je ne vois pas de rapport entre nous et le tabac, s’insurge t’elle. J’ai la haine quand je vois ce que ce toulousain est en train de vivre. Tout ça à cause de je ne sais quel groupe de pression haut placé. J’espère qu’il va gagner en appel.»

Les enseignes de e-cigarettes ne respecteraient pas la loi

De leur côté, les buralistes saluent la décision du tribunal. Pour eux, les vendeurs de cigarettes électroniques sont à la limite de l’illégalité. Virginie Garrido, gérante du tabac « Le Guisol », insiste sur la nicotine contenue dans les e-cigarettes :

« Leurs produits contiennent de la nicotine. Nous, buralistes, nous devons être agréés par les douanes parce que nos cigarettes en ont aussi. Nous devons remplir des dossiers, subir des enquêtes !  Eux sont dans l’illégalité».

Elle ajoute que ces commerces doivent se soumettre aux mêmes lois que les buralistes en proscrivant toute publicité. Une allusion aux affiches et aux spots internet pour les cigarettes électroniques.

La guerre qui oppose les buralistes et les vendeurs de e-cigarettes n’est pas encore terminée. Après la décision de faire appel du commerçant toulousain, la justice va à nouveau devoir trancher.

Robin ESTREME     Rémi SALORT