La fessée va-t-elle être proscrite par la loi ?

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Abolir la violence faite aux enfants, c’est tout l’objectif de la proposition de loi lancée aujourd’hui par trois députés devant l’Assemblée nationale. L’idée est d’agrémenter la notion d’autorité parentale, tout en évitant les punitions corporelles, soit les gifles et les fessées. A Nice, parents et psychiatre sont mitigés. La proposition de loi fait débat.

« Sept Français sur dix sont contre l’interdiction de la fessée au sein de la sphère intime », selon un sondage ipsos publié par le figaro. C’est au sein du Front National que le refus se fait le plus sentir, avec 79% d’opposants. Arrivent ensuite les sympathisants UMP, pas loin derrière avec 74% à être contre la proposition de loi. Côté PS, ils sont 64% à ne pas vouloir interdire la fessée. En tout, 85% des enfants recevraient des punitions corporelles, qui seraient pour 20% d’entre elles, violentes.

https://infogr.am/DsWN9CRYScn6Z0Rf

Depuis quand le sujet fait débat ?

C’est en 2010 que l’idée d’abolir la fessée au sein des familles a été suggérée. La première tentative, faite par l’ex-députée UMP Edwige Antier n’a pas abouti. 2014, on retente le coup. Cette fois, la tentative d’interdiction de la fessée a été menée par l’écologiste François-Michel Lambert via un amendement à la loi famille. Refus immédiat en mai 2014 par la ministre des Familles Laurence Rossignol, estimant que ce volet appartenait plutôt à la « prévention de la maltraitance ». Cette dernière rappelle que frapper ses enfants n’a aucune « valeur éducative »,  et que les gestes bruts ou les insultes génèrent un « stress et développe la perte de confiance en soi chez l’enfant », selon métronews.

« Parfois on se sent démunis, alors on n’a pas le choix »

« On se rend compte qu’on enseigne aux enfants de ne pas se taper entre eux. Et pourtant c’est nous qui le faisons en leur mettant des fessées » avoue Catherine, maman de cinq enfants. Cette mère de famille se balade tranquillement dans le parc de Libération. Pour elle, mettre une fessée à ses enfants ne signifie pas être une mauvaise maman : « parfois on n’a pas d’autres solutions pour se faire respecter. Il n’y a plus les mots alors on utilise les mains ». Quant à Carole, également dans le parc, « taper ne résout à rien. Elle privilégie la parole et les punitions ». Laurence Bonnet, psychiatre à Nice estime que 90% des parents n’ont pas de mauvaises intentions en levant la main sur leurs enfants. « La fessée se pratique depuis des décennies au sein des familles, et je pense qu’elle n’a jamais tué personne. Toutefois il y a d’autres façons d’imposer son autorité à un enfant ». La psychiatre préconise « l’écoute, l’explication » et le fait de « responsabiliser le petit face à sa bêtise ».

Quels pays ont aboli la punition corporelle ?

49 pays ont à ce jour, établis une loi interdisant les violences corporelles faites aux enfants. 22 d’entre eux font partie de l’Europe. La Belgique et l’Italie sont parfois cités, mais leur législation reste ambiguë. 

https://s3.amazonaws.com/uploads.knightlab.com/storymapjs/3305c97bf1910bb5b98384f54d5a9e31/abolition-de-la-punition-corporelle-des-enfants-au-sein-des-pays/index.html

 Marjorie Raynaud

CP : Godzimama