La contrefaçon en action à Vintimille

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Sur le marché de Vintimille, les passants s’arrêtent aux stands des commerçants locaux, mais pas uniquement. Vêtements, bijoux, ceintures et autres accessoires contrefaits sont à la portée de tous.

Les consommateurs sont bien informés et décomplexés.

Une étude publiée jeudi par l’Ifop révèle qu’un Français sur trois a déjà acheté de la contrefaçon. « Taschen Vuitton ». Des Allemands cherchent un sac et pas n’importe lequel. S’ils sont à Vintimille, ce n’est pas par hasard. L’enseigne de luxe n’a aucun magasin au bord de mer.

Peu importe leur nationalité, tous savent déjà ce qu’ils cherchent : « si on ne trouve pas cette montre ici, on ira à San Remo ». Un tiers des habitants de l’Hexagone ont révélé à l’Ifop acheter des produits contrefaits, selon une enquête publiée jeudi. Les frontaliers sont les plus tentés par ce marché frauduleux. Les Azuréens sont parmi les principaux pourvoyeurs étrangers de copies de produits de luxe sur ce marché. Les acheteurs pensent que la responsabilité du faux repose uniquement sur le fabricant qui s’expose à une amende allant jusqu’à 2 500 €. Pourtant, en cas de contrôle douanier, lui aussi encourt une amende allant de une à deux fois la valeur de l’objet authentique et un emprisonnement pouvant atteindre trois ans.

Un marché qui s’adapte

Les vendeurs à la sauvette ne se cachent pas. Ils commercent en plein milieu du marché, transportant le minimum de marchandises. La polizia veille au grain. A chaque nouvelle ronde, ils s’éclipsent discrètement, pour revenir 2 minutes plus tard. Loin de les effrayer, la situation les fait sourire. Même sous une pluie battante, l’offre répond à la demande. L’échange s’adapte à la météo : aujourd’hui vendredi, il pleut, c’est parapluie. La semaine prochaine, si le temps est beau, ils proposeront un large choix de lunettes de soleil. Lorsqu’un groupe de retraités demande à l’un des vendeurs les prix de ses articles, il est confronté à un dialogue de sourd. Il mime le prix avec ses doigts : trois euros le parapluie de style Burberry, dix euros le sac imitation Longchamps « certifié » cuir… Et s’il n’a pas ce que les acheteurs recherchent, il leur propose de le retrouver quelques minutes plus tard à l’angle d’une pharmacie.

Marion Poulle et Ophélie Grosshans