Luna Park, racket et légendes urbaines

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Le Luna Park du Palais des Expositions à Nice a mauvaise réputation. Agressions, vols, rackets. De plus en plus de jeunes rechignent à s’y rendre chaque année de peur d’être pris pour cible par des délinquants. A quatre jours de l’ouverture annuelle, l’équipe de sécurité espère toujours déjouer les clichés sur l’insécurité. « C’est devenu trop dangereux ». Au sujet du Luna Park installé chaque année au Palais des Expositions à Nice, Margot, collégienne de 16 ans, est catégorique : « Je n’y mettrai plus un pied ». La jeune fille dit y avoir déjà subie brimades et bousculades de la part de garçons de son âge.

« Un repère de voyous »

Pour Nathaniel, étudiant en droit, l’espace de jeu est devenu le théâtre de violences répétées. « Chaque année, ça redevient un repère de voyous », explique-t-il. « Ils ont entre 12 et 16 ans et agissent en bande de quatre ou cinq ».

Paul-Henri, 18 ans, se souvient encore du soir où trois garçons sont venus lui racketter son téléphone portable. « Depuis je n’y retourne que si je suis accompagné de mon père », indique ce dernier.

Les forains contre-attaquent

Pour les forains, cela n’est qu’une affaire de routine. « Ca dégénère souvent en bagarre, c’est vrai », admet Jacky, propriétaire du circuit d’auto-tamponneuses. Pour faire face aux multiples menaces, lui et ses collègues ont d’ailleurs du s’organiser. « On a vite appris à les dissuader verbalement. Le plus intelligent, c’est celui qui se tait », ajoute-t-il. « Ces manèges, c’est quand même notre gagne pain », tonne Michel, un second forain.

Des légendes urbaines ?

Luna Park nie pourtant l’insécurité. « Ce sont des légendes urbaines », peste Tony Vivarelli, employé à la fête foraine. « Ici, il n’y plus eu de rixe depuis dix ans ». Serge Paillon, responsable de la sécurité du parc, parle, quant à lui, de « quatre ans ».Tous deux soutiennent malgré tout que l’endroit est redevenu paisible depuis que la musique rap et les jeux à caractère violent en ont été bannis.

Une dizaine d’agents de sécurité arpenteront du 10 décembre au 2 janvier les 30 000 m² du Palais des Expositions.

Olivier Porri-Santoro