L’année de calvaire des immigrés tunisiens à Nice

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Déjà un an qu’ils sont là. Arrivée de Tunisie via Lampedusa, une centaine de sans-papiers est toujours à Nice. Entre les squats, la peur de la police et l’aide sociale, ils n’envisagent pas de rentrer sans « une situation ».C’est le regard ému qu’Aziz se remémore le 14 mars 2011. Ce jour-là, après plus de vingt heures de bateau et de train, il arrive à Nice en compagnie de quinze autres Tunisiens. Un an plus tard, toujours sans-papiers, sans emploi et sans domicile, ce jeune de 27 ans tente de « gagner un peu sa vie ».

Comme 150 immigrés, il vit au jour le jour entre les centres d’accueil, les squats et la rue. « Je ne sors que pour aller travailler. J’évite la place Masséna et tous les autres endroits où je pourrais croiser la police ».

Hassan et Mohamed, avec 21 autres personnes, vivent dans un squat. Pourtant, ils s’estiment « chanceux ». Contrairement à plusieurs de leurs amis, ils n’ont pas été renvoyés dans leur pays. « Je ne pourrai pas rentrer sans argent pour ma famille », dit l’un d’eux. Alors, ils comptent sur le bouche à oreilles pour trouver un emploi. « Chez nous, on était payé 5 euros par jour, c’était intenable.

Rester par fierté

Malgré les descentes de police, trente autres dorment à la Sonacotra, un foyer d’hébergement. Là-bas, les associations les soutiennent. Au Tremplin, les bénévoles écoutent, conseillent et trouvent des solutions, au cas par cas. « On vient se doucher et laver notre linge », explique Aziz.

« Le problème est qu’ils n’ont aucun projet d’avenir ici. Ils veulent réussir et repartir. Sinon c’est le déshonneur qui les attend là-bas », selon Gérard Vincent, à la tête du centre d’accueil. Alors, Karim compte changer de ville. « A Nice, c’est plus dur. Il y a plus de répression qu’ailleurs. Et pas assez de travail. »

Pauline Amiel & Pierre Peyret