Kayak : Emilie Fer, de l’ombre à la lumière

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Cet été à Londres, Emilie Fer est devenue la première championne olympique française de sa discipline, le kayak monoplace (K1). Ce titre a changé son rythme de vie.

Emilie Fer a disparu du radar médiatique depuis trois mois. Pourtant, la lumière des Jeux ne s’est pas éteinte. « J’estime être encore dans Londres, les gens m’en parlent tout le temps » concède-t-elle. Et les sollicitations n’ont pas cessé. Outre sa participation à un rallye automobile en Afrique, la championne a également passé beaucoup de temps dans le milieu du sport amateur. Dimanche dernier, elle était à Grasse pour donner le coup d’envoi d’un match de rugby. Cette semaine, Emilie Fer est du côté de la Plagne, où le Comité national olympique et sportif français (CNOSF) rassemble tous les médaillés olympiques, pour une semaine de détente. Son programme est bien loin des exigences du haut-niveau, mais elle a fait un choix : répondre aux sollicitations, quitte à tronquer sa préparation hivernale.

Le bonheur du partage

« J’ai découvert des milieux que je ne connaissais pas » sourit-elle. Les réceptions « inoubliables » à l’Elysée et au Ministère de la Défense en sont les exemples concrets. Mais ce qui a marqué par-dessus tout la kayakiste, c’est l’accueil chaleureux des gens dans les clubs. « Tous ont vu ma course et me remercient pour les émotions que je leur ai procuré » lâche émue, Emilie Fer. A chaque déplacement, elle emporte sa médaille d’or. Un objet de rêve pour les fans, et la cause de nombreuses situations cocasses. « Tout le monde veut se prendre en photo avec, et certains la croquent ! Leurs dents ont laissé des traces sur ma médaille » souligne en rigolant la championne. Le bonheur est grand pour Emilie Fer, mais n’éclipse pas la réalité. Elle a conscience que pour poursuivre sereinement sa carrière, il lui faut redescendre de son petit nuage et limiter les sollicitations.

Objectif Prague

Après un passage au ski en décembre, Emilie Fer va renouer avec l’entraînement intensif en janvier. L’occasion de tourner la page londonienne. Au menu, du travail de fond en salle, et un retour à l’eau en Australie avec l’équipe de France. « J’ai moins de pression cette année, car je suis automatiquement qualifiée pour les championnats du monde » souffle la kayakiste. Ce sera à Prague en septembre 2013 et c’est l’objectif prioritaire de son année, en attendant Rio. Si elle n’a pas encore pris de décision quant à une possible participation aux Jeux de 2016, la porte reste entre-ouverte. Elle aura alors 34 ans, le même âge qu’un certain Tony Estanguet lors de son dernier sacre.

Nicolas Mangeard